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Droits numériques en Afrique Francophone : les tendances du premier semestre 2020

By | Advocacy, Internet Freedom

La forte apparition du Covid-19 en début d’année 2020 dans le monde a profondément changé le visage des droits numériques en Afrique en général, et dans les pays d’Afrique francophones en particulier. La question sur la protection des données personnelles, le contrôle des citoyens à travers des outils technologiques ultras modernes ou des violations diverses des droits de l’homme en ligne en raison du Covid-19 ont attiré l’attention des organisations de défense des droits numériques, notamment Paradigm Initiative et ses partenaires.

Les gouvernements d’Afrique Francophone ont initié des actions diverses en vue de lutter contre la pandémie en s’appuyant parfois sur l’espace numérique ; ce qui a donné flanc à certaines violations des droits numériques. Des violations enregistrées portent sur les arrestations des journalistes et activistes, des censures des utilisateurs en ligne, le contrôle de certains sites web. Aussi, la montée de la pandémie a accentué dans certains pays les fakes news, la désinformation et l’infodémie autour du Covid-19. 

La crise du Coronavirus a permis de révéler aussi que les gouvernements ont tendance à influencer les droits des utilisateurs en ligne en période de crise. Les périodes électorales enregistrent depuis quelques années de fortes perturbations de l’Internet et des violations diverses des droits numériques. Les gouvernements développent alors régulièrement des astuces pour violer les droits numériques dans les contextes électoraux normaux à des fins de positionnement politiques. 

C’est ainsi que nouveaux mécanismes de violations sont ainsi développés à travers des pratiques de surveillances et de contrôles de masse des populations connectées pour des causes spécifiques. Ces nouvelles approches de violations des droits numériques ont pour objectif de détourner l’attention des organisations de défense des droits et libertés numériques. L’opérationnalisation de ceci se fait avec la mise en place des lois sur la cybersécurité et la cybercriminalité, et dans certains contextes des lois sur le terrorisme. L’actualité sur les droits numériques ces six derniers mois de l’année 2020 dans la région montre les influences réelles. Les actions menées par les organisations de la société civile au niveau local, les organisations internationales sur la question des droits numériques ont été aussi multiformes. 

Le profil des droits numériques en Afrique Francophone depuis le début d’année 2020 a été marqué par deux périodes importantes. Dans les trois premiers mois de l’année, des cas de violations des droits numériques ont été répertoriés dans quelques pays, notamment au Togo pendant les élections du 22 février, en début mars en RDC et en Guinée. Au Benin, le début de l’année a marqué par l’affaire du journaliste Ignace Sossou, arrêté pour ces opinions en ligne. Le contexte des violations durant cette période est profondément marqué par de diverses élections sur cette partie du continent.

Aussi, pendant cette période, plusieurs ruptures du câble sous-marin WACS ont été signalées. Certains gouvernements ont justifié les perturbations d’Internet dans leur pays par cet incident. Dans l’analyse, les diverses coupures ont impacté la situation des droits numériques et la qualité de la fourniture Internet à plusieurs niveaux. Mais, comme d’habitude, des gouvernements en Afrique Francophone sont régulièrement des instigateurs des coupures d’Internet dans leur pays à des fins politiques, et surtout lors des échéances électorales.

Dans seconde période du trimestre, entre mars et juin 2020, les droits numériques ont été impactés avec l’apparition des premiers cas du Coronavirus dans la zone. La figure des droits numériques a été profondément modifiée en cette période, du fait des exigences en matière de gestion de crise sanitaire par les Etats. Aussi dans ce contexte, certains gouvernements ont montré bonne figure dans l’amélioration des droits numériques par une couverture adéquate du réseau et en limitant les fractures diverses de l’Internet comme en Algérie et au Rwanda pour ne citer que ces exemples.

De l’autre côté, la période de la crise a permis à d’autres gouvernements à travers diverses structures dans le domaine des télécoms de faire des ingérences dans les données personnelles, le contrôle des utilisateurs ou de certains malades du Covid-19 à l’aide des outils technologiques sans leur avis. La période de la crise est aussi marquée par la montée des lois et des prises de décision gouvernementale sur les fakes news et la montée de la désinformation, comme observée au Maroc et au Cameroun. Pour le cas du Niger, la loi sur l’interception des communications a été adoptée sans l’aval des députés de l’opposition pour son caractère liberticide.

En outre, le premier semestre de l’année 2020 a permis d’enregistrer une victoire importante dans le domaine des droits numériques. En effet en juin 2020, le tribunal sous-régional de la CEDEO basé au Nigéria a jugé les restrictions d’accès à Internet au Togo du 5 au 10 septembre et de nouveau du 19 au 21 septembre 2017, illégales. Le tribunal a statué que ces restrictions portaient atteinte au droit à la liberté d’expression et d’opinion, un champ clé aux droits numériques. Cette décision historique a permis de comprendre le travail de plaidoyer des organisations de la défense des droits numériques comme Paradigm Initiative, Access Now et autres… aux côtés des organisations locales en cas de violation des droits numériques de quelques formes que ce soient. 

Bien que les gouvernements et parfois les fournisseurs d’accès Internet utilisent de nouveaux mécanismes de violations des droits numériques, des organisations de défenses restent constantes face aux violations à travers diverses actions de plaidoyers, de campagnes et de dénonciation engagées au niveau local et international. 

L’auteur de cet article Rigobert Kenmogne est le responsable du programme “droits numériques” en Afrique Francophone 

Tanzania Digital Rights and Freedoms Bill takes shape

By | Advocacy, Digital Rights, Internet Freedom, Press Release

Digital rights social enterprise, Paradigm Initiative, has concluded a two-day coalition workshop that brought together civil society groups, lawyers, bloggers, journalists, members of the academia in the United Republic of Tanzania. The two-day event took place at Holiday Inn in Dar es Salaam with the Tanzania participants coming together to discuss the state of digital rights in Tanzania with support from Paradigm Initiative that joined the meeting virtually. The workshop culminated in the drafting of a Digital Rights and Freedom Bill, 2020 for Tanzania. It is hoped that this Bill, inspired by Nigeria’s Digital Rights and Freedoms Bill, will be embraced by the Tanzanian parliament and regulatory authorities after the elections in 2020 and subsequently enacted into law.

It is noteworthy that the Bill presents liberal and progressive proposals which, if enacted into law, will definitely safeguard the digital rights and freedoms of all Tanzanians. The Bill seeks to fill the lacuna that exists in the current legal and institutional framework for digital rights protection in Tanzania and to offer more robust protection. Undoubtedly, it will not only be an auxiliary legislation to the Electronic and Postal Communications Act (EPOCA) and the Cyber-Crimes Act but also reinforce the existing internet-use regulations.

Paradigm Initiative Senior Program Manager, Adeboye Adegoke says the organisation hopes to keep the discussion going especially with other relevant stakeholders from Tanzania and with the Tanzanian government agencies such as the TCRA. “ The next step in the process is the sustained engagement of all relevant stakeholders in Tanzania, including the government to ensure that the bill that will be presented to the parliament represents the views of the people of Tanzanians”, Adeboye concluded.

Malawi decides: Assessing the risk of an internet shutdown

By | Advocacy, Digital Rights, Internet Freedom

On Tuesday 23rd June 2020 Malawi went to the polls in a historic presidential re-run. The southern African nation shocked the continent and set precedence when the constitutional court overturned the May 2019 general election outcome and ordered a rerun due to apparent widespread vote-rigging.

On May 21st, 2019, Malawians went to cast their ballots, with the hope of a free and fair election devoid of all forms of violence and election malpractice. Almost ten candidates including the sitting president Peter Mutharika, who was standing for his second and final term, heavily contested the election.

While ballots were cast in a peaceful and uneventful manner, the aftermath of the elections left a mark for the people of Malawi. Three days into the voter counting, the opposition reported over 147 cases of ballot irregularities to the Malawi Electoral Commission and result sheets were found to have been tampered with, with some sections blotted out and altered with a correction fluid popularly known as Tippex.

News of the irregularities sparked protests in some opposition strongholds, however, the court lifted the injunction and the electoral commission confirmed President Mutharika’s narrow victory.

With 39% % of the votes in his favour, incumbent President Peter Mutharika of the Democratic Progress Party was declared the winner, beating his close opponents Lazarus Chakwera of the Malawi Congress Party and Saulos Chilima of United Transformation Movement who won 35% and 20% of the votes respectively. As of 2019, Malawi utilised the winner takes all system. President Mutharika refused to ratify the electoral reforms passed by Parliament, which would allow the majority vote to win (50% plus 1 system).

Meanwhile, the opposition runner up Lazarus Chakwera maintained that his party would not accept the fraudulent election outcome and subsequently petitioned the Constitutional Court. In 2019, Malawi was marred with unprecedented protest action by citizens, ranging from small and spontaneous unrests to large and organised demonstrations. Between May 2019 and July 2019, several protesters were killed and millions of dollars’ worth of property damage. The demonstrators demanded that President Peter Mutharika concedes defeat and the Electoral Commissions head, Jane Ansah, resigns for allegedly presiding over a ‘rigged poll.’

In February 2020, the Constitutional Court of Malawi finally delivered the landmark verdict by declaring the results of the election null, adding that they had not met the standards of a free and fair election, and called for fresh elections within 150 days, a move that was welcomed by many Malawians. The electoral commission was also charged with failing to uphold its constitutional responsibilities. The verdict, which was later validated by the Supreme Court, illustrated the growing independence of the Judiciary in Malawi.

Although an election postponement was looming, Malawians were bent on voting on June 23, 2020, regardless of the COVID 19 virus and rumours of delayed ballot papers that threatened to have the election date shifted even further. Some CSO groups and opposition party representatives went as far as monitoring the plane in real-time that was transporting the ballot papers to Lilongwe. In addition, the group gathered at the airport to monitor the arrival of the ballot papers.

While Malawi may have fared well in setting democratic precedence, the country reported declining respect for digital rights in 2019. The May 2019 elections saw a series of warning statements issued by the Malawi Communications Regulatory Authority (MACRA), aimed at internet users over the use of online and social media tools during the election period. A partial internet shutdown was also recorded shortly after the polls closed, the disruption lasted several hours on the evening of May 21st, 2019.

Such deciding moments provide a perfect cover for digital right violations to occur, perpetrated by those seeking to silence loud and dissenting voices online. Paradigm Initiative continues to monitor the situation in Malawi for any digital rights implications that may arise during the 2020 election rerun.

Digital Rights: How Francophone Africa is bracing for COVID-19’s impact?

By | Advocacy, Digital Rights, Internet Freedom

The entire world has recorded more than 5.3 million confirmed cases of Covid-19; 2.12 million cases cured and 342 thousand deaths as of May 22, 2020. Francophone Africa countries are also affected in large numbers by the pandemic. In May 2020, this part of the continent experienced a growth in cases of infected people with an increase in the number of deaths, despite the preventive measures initiated by various countries. 

At the start of the pandemic in Africa, in February 2020, measures to fight against Covid-19 displayed a real indirect strategy of digital rights violations by certain governments. However, in certain countries, measures contributing to the desire to improve the conditions of use of digital, necessary for the respect of digital rights have been observed.

The context of digital rights in Francophone Africa is particular even in times of crisis. Cases of violation of digital rights during electoral periods or post-electoral crises are a reminder of the behavior of governments in the management of digital rights in crisis times. The Covid-19 period is therefore not clearly different. Several governments have displayed a face of non-respect of digital rights, but also of the desire to exploit the digital divide for socio-political purposes. Other countries having become aware of the consequences of non-compliance with digital rights, have expressed some progress, notably Gabon,Togo and the DRC, amongst others

In general, the appearance of Covid-19 has urged governments to take a series of  measures against the pandemic with human rights impacts in some cases. The standard of living in the region does not allow populations in confinement and is almost inactive to benefit from quality of digital services.

From Cameroon to Rwanda, or from Morocco to Burundi, certain governments with the assistance of mobile telephone operators have reduced the prices of Internet, and strengthened the stability and confidence of the network.

Cases of human rights violations on the Internet are reflected in some countries by cases of indirect arrests of people, mass control and surveillance of populations, fragmented management of personal data, instability of the Internet and the poor quality of the internet connection with some operators was recorded at the start of the Covid-19 pandemic, notably in Cameroon, Algeria and Morocco amongst others

Mixed situation in Cameroon

At the start of the crisis, the mobile operators: Camtel, Orange and MTN have announced support measures during the confinement period. Camtel, a public telecommunications company, has made an attractive offer, but not free, for Internet connection prices for 150 GB at around 20 USD per month. Operators Mtn and Orange have meanwhile lowered the prices of mobile financial transactions.

On the other hand, the Covid-19 period was impacted by the rise of fake news on the Covid-19 and on the country’s political situation in social media, prompting the authorities to initiate actions against some internet users. In April 2020, a letter from the office of the President of the Republic gave instructions to the Director of the National Agency for Information and Communication Technologies (ANTIC) in order to track all the accounts spreading false information and fake news on platforms like Facebook by using technological means

Also in the context of actions to fight against the pandemic, the opposition political party, Cameroon Renaissance Movement (CRM) through its President, Maurice Kamto had initiated fundraising actions to support some needy Cameroonians affected by the crisis. The Minister of Territorial Administration, Paul Atanga Nji, had considered this action illegal by sending correspondence to the Directors General of MTN and Orange requesting the closure of the Mobile Money and Orange Money accounts intended for this fundraising effort. The organizers of this operation considered the disruption of their accounts as a manifest violation of their rights related to digital online payment services.

Covid-19 and management of personal data

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In February and March, especially in Cameroon and other countries in the region, passengers from foreign countries suspected of carrying the virus saw their data and identities on the internet, but also on social media. Several cases of deaths have been identified as carriers of Covid-19 before being sometimes denied by the family or relatives. During this period of crisis, the families and relatives of Covid-19 patients fear the disclosure of their status on social media, which can accentuate the stigma.

The use of personal data is considered by certain countries in the world as an effective means of combating Covid-19. This opportunity for Africa could cause more problems than solutions in a context where few countries have a law on the protection of personal data. Rasha Abdul Rahim, Deputy Director of Amnesty Tech, on this trend in the use of personal data says that ” Technology can play an important role in the global fight against the Covid-19 pandemic, however, this does not give for as much carte blanche to governments to extend digital surveillance. Recent history shows us that governments are reluctant to give up temporary surveillance powers, and we must not allow ourselves to be dragged into a state of permanent widespread surveillance . ”

Morocco: arrests for fake news

Third Case of Coronavirus in Egypt of an Egyptian Returning From ...

In early March 2020, the video of two Moroccans who were shooting hoaxes in the street by announcing to people that they had been contaminated abroad by Covid-19 “to see their reactions” were arrested in Marrakech. The police authorities had already announced in the same period the arrest of a resident of Tetouan (north) who had announced in a video on social media to “register dead people linked to the virus”. On Thursday March 19, a bill n° 22.20 relating to the use of social networks and similar channels in the country was adopted and presented by the Minister of Justice, and was not long in being applied in Morocco. The government in several press releases had reported that “All legal provisions will be taken (…) to identify the persons involved in the publication of these allegations and lies”.

Algeria: an example?

Kuwait's total coronavirus cases rise to 61 – Middle East Monitor

Algeria is considered to be one of the countries that provided a rapid and positive response during the Covid-19 period for the development of digital infrastructure in the country and the improvement of online confidence. During the Council of Ministers on March 22, 2020, Algeria made the decision to accelerate its digital transformation through the “Digital Transition Initiative”. Tunisian President Abdelmadjid Tebboune said the current situation is “also an opportunity for us to realize the vulnerability of our national economy, due to our neglect for decades to free it from oil rent”.

The Algerian Modernization Initiative applies on several levels: the protection of personal data based on Law No. 18-07 of June 10, 2018, the digitization of the central administration, documents and administrative forms, the generalization of databases based on the national identification number (NIN), the creation of a control panel for decision-making and monitoring of government projects. The Initiative also includes the modernization of the government’s Internet network to ensure liaison between the departments. The project also offers several practical measures, including a digital service platform for citizens.

Covid-19 and e-learning

Tablets Transform Lives of Young Refugees in Sub-Saharan Africa

According to UNESCO, the digital divide  is particularly marked in low-income countries: in sub-Saharan Africa, over 89% of learners do not have access to home computers and 82% do not have access to the Internet. About 56 million learners live in places not served by mobile networks, almost half of them in sub-Saharan Africa. Online training for learners in confinement in the Francophone part of Africa is a constraint which presents the reality of the disparity in the development of telecommunications infrastructures and therefore of violation of the digital rights of various Africans, unable to benefit from the digital online training services. The lack of quality infrastructure during the Covid-19 era is one aspect that accentuates disparity, the digital divide and violations of digital rights. 

Countries like Rwanda, Egypt and many others who have invested seriously in digitalization over the years, today serve as examples in terms of the fruits they derive from digital in these hours of global health crisis. For the moment, the practices which contribute to the respect of digital rights from the particular case to the general is important. 

The author of this article, Rigobert Kenmogne is Paradigm Initiative Digital rights program officer  in Francophone Africa

Impact du Covid-19 sur les droits numériques en Afrique Francophone

By | Advocacy, Digital Rights, Internet Freedom

Le monde d’entier a enregistré plus de 5,3 millions de cas confirmés du coronavirus (Covid-19) avec 2,12 millions de cas guéris et 342 000 décès au 24 mai 2020. Les pays d’Afrique sont aussi touchés par la pandémie sur le continent africain. Au mois de mai 2020, cette partie du continent a connu une croissance des cas de personnes contaminées avec une augmentation du nombre de morts, malgré les mesures barrières initiées par différents pays. La particularité de la crise sanitaire dans cette région du continent ayant enregistré diverses violations des droits l’homme en ligne ces dernières années est remarquable.

Au début de la pandémie en Afrique, en février 2020, des mesures de lutte contre le Covid-19 ont affiché une réelle stratégie indirecte de violation des droits numériques par certains gouvernements. Néanmoins dans certains pays, des mesures contribuant à la volonté d’améliorer les conditions d’utilisation du numérique, nécessaires pour le respect des droits numériques ont été observées.

Le contexte des droits numériques en Afrique francophone est particulier même en temps de crise. Les cas de violation des droits numériques lors des périodes électorales ou des crises post-électorales rappellent le comportement des gouvernants dans la gestion des droits numériques en période de crise. La période du Covid-19 n’est donc pas manifestement différente. Plusieurs gouvernements ont affiché un visage de non-respect des droits numériques, mais aussi de la volonté d’instrumentalisation de la fracture numérique à des fins socio-politiques. D’autres pays ayant pris conscience des conséquences du non-respect des droits numériques, ont exprimé quelques avancées, notamment le Gabon, l’Algérie, le Togo, la RDC…

De manière générale, l’apparition du Covid-19 a poussé les gouvernements à prendre un ensemble de mesures barrières contre la pandémie avec des impacts les droits humains dans certains cas. Le niveau de vie dans la région ne permet pas aux populations en confinement et presque inactives de bénéficier des services digitaux de qualité.

Du Cameroun au Rwanda, ou du Maroc au Burundi, certains gouvernements avec le concours des opérateurs de téléphonie mobile ont allégé la connexion du réseau Internet par la réduction des prix de connexion, en renforçant la stabilité et la confiance du réseau.

Des cas de figure de violations des droits humains sur Internet se traduisent dans certains pays par des cas d’arrestations indirectes des personnes, le contrôle de masse et la surveillance des populations, la gestion parcellaire des données personnelles, l’instabilité du réseau Internet et la mauvaise qualité de la connexion Internet chez certains opérateurs ont été enregistrées au début de la pandémie du Covid-19 notamment au Cameroun, en Algérie, au Maroc…

Situation mitigée au Cameroun

Face au Covid-19, le Nigeria reste l'un des pays les mieux ...Au début de la crise, les opérateurs de téléphonie mobile : Camtel, Orange et MTN ont annoncé des mesures d’accompagnement en période de confinement. La Camtel, entreprise publique de télécommunication, a fait une offre alléchante, mais pas gratuite pour les prix de connexion Internet pour 150 Go à environ 20 USD le mois. Les opérateurs Mtn et Orange ont quant à eux, ont baissé les prix des transactions financières mobiles.

De l’autre côté, la période du Covid-19 a été impactée par la montée des fake news sur le Covid-19 et sur la situation politique du pays dans les réseaux sociaux, poussant les autorités à initier des actions contre certains utilisateurs Internet. Au mois d’avril 2020, un courrier du cabinet du Président de la République donnait des instructions au Directeur de l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) afin de traquer par des moyens technologiques tous les comptes qui diffusent les fausses informations et fake news sur les plateformes comme Facebook.

Aussi dans le cadre des actions de luttes contre la pandémie, le parti politique de l’opposition, Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à travers son président, Maurice Kamto avait initié des actions de collecte de fonds afin soutenir les nécessiteux en période de crise. Le ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji, avait considéré cette action comme illégale en adressant des correspondances aux Directeurs généraux de MTN et Orange demandant la fermeture des comptes Mobile Money et Orange Money destinés aux collectes des fonds. Les organisateurs de cette opération de collecte ont considéré la suspension de leurs comptes comme une violation manifeste de leurs droits liés aux services digitaux de paiement en ligne.

Covid-19 et gestion des données personnelles


Covid-19 : en Europe, les applications de traçage se développent ...

Au début de la crise sanitaire, et notamment au Cameroun et dans d’autres pays de la région, les passagers venus des pays étrangers et soupçonnés d’être porteurs du virus ont vu leurs données et identités sur Internet, mais aussi sur les réseaux sociaux. Plusieurs cas de morts ont été identifiés comme porteurs de Covid-19 avant d’être parfois démentis par la famille ou les proches. Durant cette période de crise, les familles et les proches des malades du Covid-19 craignent la divulgation de leur statut sur les réseaux sociaux, ce qui peut accentuer la stigmatisation.

L’utilisation des données personnelles est considérée par certains pays dans le monde comme un moyen efficace de lutter contre le Covid-19. Cette opportunité pour l’Afrique pourrait causer plus de problèmes que de solutions dans un contexte où peu de pays ont une loi sur la protection des données personnelles. Rasha Abdul Rahim, directrice adjointe d’Amnesty Tech, sur cette tendance de l’utilisation des données personnelles déclare que « la technologie peut jouer un rôle important dans le combat mondial contre la pandémie de Covid-19, cependant, cela ne donne pas pour autant carte blanche aux gouvernements pour étendre la surveillance numérique. L’histoire récente nous montre que les gouvernements sont réticents à renoncer aux pouvoirs de surveillance temporaires, et nous ne devons pas nous laisser entraîner sans réagir dans un état de surveillance généralisée permanent ».

Maroc : les arrestations pour fake news

Covid-19 : Augmentation du nombre des victimes au Maroc, en ...

En début du mois de mars 2020, deux Marocains qui tournaient des vidéos canulars dans la rue en annonçant à des passants avoir été contaminés à l’étranger par le Covid-19 « pour voir leurs réactions » ont été arrêtées à Marrakech. La direction de la police avait déjà annoncé dans la même période l’interpellation d’un habitant de Tetouan (nord) qui avait annoncé dans une vidéo avoir « enregistrer des personnes mortes liées au virus ». Le jeudi 19 mars, un projet de loi n° 22.20 relatif à l’utilisation des réseaux sociaux et canaux similaires dans le pays a été adopté et présenté par le ministre de la Justice, et n’a pas tardé pour être appliqué au Maroc. Le gouvernement dans plusieurs communiqués avait signalé que « toutes les dispositions légales seraient prises (…) en vue d’identifier les personnes impliquées dans la publication de ces allégations et mensonges ».

Algérie : un cas d’exemple ?

Adoption de la chloroquine en Algérie : Les explications du ...

L’Algérie est considérée comme l’un des pays ayant apporté une réponse rapide et positive en période du Covid-19 pour le développement des infrastructures du numérique dans le pays et l’amélioration de la confiance en ligne. Lors du Conseil des ministres du 22 mars 2020, l’Algérie a pris la décision, d’accélérer sa transformation numérique à travers « l’Initiative de transition numérique ». Le président tunisien, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que la situation actuelle est « également une occasion pour nous de prendre conscience de la vulnérabilité de notre économie nationale, en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière ».

L’Initiative de la modernisation algérienne s’applique à plusieurs niveaux : la protection des données à caractère personnel basée sur la loi n° 18-07 du 10 juin 2018, la numérisation de l’administration centrale, des documents et des formulaires administratifs, la généralisation des bases de données sur la base du numéro d’identification national (NIN), la création d’un tableau de commande pour la prise de décisions et le suivi des projets gouvernementaux. L’Initiative intègre aussi la modernisation du réseau Internet gouvernemental pour assurer la liaison entre les ministères. Le projet propose également plusieurs mesures pratiques, dont une plateforme de services numériques pour les citoyens.

Covid-19 et e-learning

Radio Learning for Kids Schools Closed COVID-19 - GlobalGiving

Selon l’UNESCO, les disparités sont particulièrement marquées dans les pays à faible revenu : en Afrique subsaharienne, plus 89 % des apprenants n’ont pas accès aux ordinateurs familiaux et 82 % n’ont pas accès à l’Internet. Environ 56 millions d’apprenants vivent en des lieux non desservis par les réseaux mobiles, dont près de la moitié en Afrique subsaharienne. Les formations en ligne pour les apprenants en confinement dans la partie francophone d’Afrique est une contrainte qui présente le visage de la disparité dans le développement des infrastructures de télécommunications et donc de violation des droits numériques de divers plusieurs Africains, incapables de bénéficier des services digitaux de formation en ligne. Le manque d’infrastructure de qualité en période de Covid-19 est un aspect qui accentue la disparité, la fracture numérique et les violations des droits numériques.

Des pays comme le Rwanda, l’Égypte et bien d’autres qui ont investi sérieusement dans la numérisation au fil des années, servent aujourd’hui d’exemples au regard des fruits qu’ils tirent du numérique en ces heures de crise sanitaire mondiale. Il reste pour le moment de s’accentuant les pratiques qui concourent au respect des droits numériques du cas particulier au général.

L’auteur de cet article, Rigobert Kenmogne est responsable droits numériques en Afrique Francophone pour Paradigm Initiative

 

 

Why We Have Not Given Up on Processes: Making FOI Requests in Nigeria

By | Advocacy, Digital Rights, Internet Freedom

In the Civil Society space, it is almost trite to state that ‘Freedom of Information’ is an essential freedom. We advocate for the passage of laws that uphold this Freedom and after they are enacted we advocate for systems to ensure they are enforced. 

In Nigeria, the first phase of this advocacy journey was completed in 2011 when the President signed the Freedom of Information Bill into Law. It took years but we were grateful for its enactment.  We have also followed the journey of the Right to Information Bill in Ghana which was assented to by President Nana Addo Dankwa Akufo-Addo on May 21 2019. 

While we celebrate the passage and assent of these laws, we are however expending time and resources focusing on putting the law to use. The thinking is that if a Freedom exists then we should be able to exercise it and if we can’t then we need to find out why. 

If you ever sent a Freedom of Information request to a public institution in Nigeria, the chances that you got a response to your request are dangerously low. Somehow it would seem that the freedom to access information exists only as a concept with no corresponding obligation on those who hold the information (to supply it). 

But indeed such obligation clearly exists in the very law that vests and affirms the right. As an Organization, we have sent a wide range of FOIs touching on our thematic focus and have had a range of experiences from multiple requests and from one Public Institution to another . However, despite disappointing realities such as the total ignoring of our requests sometimes, we still believe in the processes set down in the law and are always willing to  legally challenge such refusals. 

One of such scenarios presented itself in 2017 when we wrote a Freedom of Information request to the Ministry of Science and Technology regarding information on the building and launch of two of two new satellites by the National Administration of Space Research and Development Agency (NASDRA). We were interested in the intended use of the satellites and their specifications. 

It’s good to pause here to explain the rationale behind FOI Requests. We have found that many regard the request for information as a criticism of work or disagreement with policy, but that’s not necessarily true . At the heart of the FOI requests we send, is a genuine inquiry into facts. As we all know, fake news and the spread of false information have attempted to devalue the quality of public discourse and knowledge. So, when we ask public institutions clear questions, we are attempting to elicit the right information from the right sources. 

That said, our request to the Ministry of Science and Technology was not granted. As many Civil Society Organizations will attest to, this is not a strange ‘reaction’ from a public institution. For us however, the fact that this reaction was anticipated did not make it acceptable. 

Section 20 of the Freedom of Information Act clearly provides that any applicant who has been denied access to information to apply to the Court for a review of the matter within 30 days after the public institution denies the application. So we took advantage of that provision and approached the court seeking for a declaration that the failure and/or refusal of the Respondents to disclose or make available to the applicants the information amounts to a violation of the applicants’ right of access. We also sought for a Declaration that the failure and/or refusal of the Respondents to disclose information amounts to wrongful denial of access to information and finally prayed the court for an order of mandamus compelling the respondent to disclose the specifications of the two new satellites and the details of their intended use.

We argued our case and so did the Ministry. Particularly, the Ministry argued that since the information was not under their supervision, it was impracticable for them to supply it. They also argued that the Agency (NASDRA) had no immediate plan to build and launch new satellites. This argument, though simple, revealed something profound to us. If the Ministry had simply responded to our FOI request with the information that the Agency had no immediate plans to build and launch new satellites, we doubt that we would have had to resort to the Courts. We wondered (and still wonder) if we could conclude that the Nigerian public institution would rather answer to the courts than to the citizens.  

The Court reviewed our arguments vis-a-vis applicable laws and reiterated that Section 7 of the Act gives us the right of access to the court to compel the release of the information. The court also pointed out that the law allows the original public institution to transfer the request for information to another agency which it believes has the information that is being requested from it. 

Finally, the court granted all our reliefs and ordered that the Respondents grant the request sought and where they are not in possession of the information requested, they should explain so in a letter and anchor their explanations under legally stipulated exemptions. We were also awarded the cost of N100,000 in our favour. 

This was yet another interesting reveal where we saw the balance of the scale of justice  leaning towards rights and affirming the responsibilities that have to be carried out  in order for those rights to be effectively exercised. 

Of course, we attempted to enforce this judgment but that has proven difficult in itself especially because the subject in focus is arguably moot. 

But we have gotten more from this case than a response to our letter might have given. We have tested the law and it worked, at least in this scenario. We have seen a court of competent jurisdiction hold a public institution accountable to the people it serves and we have strengthened our commitment to seeking, sharing and addressing public information from the proper sources.  This is why we have not given up on processes. 

The author of this article, Adeboro Odunlami is a Legal Officer at Paradigm Initiative

 

Préparer l’Afrique pour la nouvelle décennie de l’AI

By | Advocacy, Digital Rights, ICT Policy

Lentement mais sûrement, les pays d’Afrique ont commencé à se préparer à la quatrième révolution industrielle où les progrès de l’intelligence artificielle, de l’automatisation, de l’internet des objets (IoT), du cloud computing, de la robotique, de l’impression 3D, des nanotechnologies et des technologies sans fil avancées vont radicalement changer notre façon de vivre, de travailler et de gouverner nos sociétés.

L’intelligence artificielle a fait une percée significative en Afrique notamment  avec des start-ups et d’autres institutions axées sur l’intelligence artificielle qui commencent à avoir un impact sur l’économie, la vie sociale et la gouvernance. Les gouvernements de certains  pays comme le Ghana, le Nigeria, le Kenya, la Tunisie et l’Afrique du Sud ont soutenu le développement de l’IA par un soutien financier à la recherche et par la promotion de l’enseignement des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Cela a permis à ces pays de réaliser les progrès les plus significatifs en matière d’intelligence artificielle en Afrique.

Néanmoins, seuls quelques pays comme le Kenya et la Tunisie disposent de stratégies nationales d’intelligence artificielle qui peuvent contribuer à l’intégration de l’intelligence artificielle au sein du gouvernement et des services publics.

Cependant, pour que l’IA – une technologie fondamentale de la quatrième révolution industrielle – ait un impact optimal en Afrique, des changements structurels radicaux doivent avoir lieu dans les différents contextes nationaux du continent. J’en explorerai les trois aspects ci-dessous.

Infrastructure de données

Les applications d’intelligence artificielle qui résolvent des problèmes pratiques acquièrent leur “intelligence” en apprenant à partir de très grands ensembles de données. Par exemple, les modèles d’IA construits pour la reconnaissance faciale ont été alimentés par de très grands ensembles de données comprenant des milliers de visages humains afin d’être formés sur ce qui constitue un visage humain.

De ce fait, les sociétés et les organisations disposant d’écosystèmes de capture, de stockage et de traitement des données très développés sont mieux placées pour bénéficier de manière optimale des progrès de l’IA.

Cela place l’Afrique dans une position désavantageuse car, comme la plupart des pays du Sud, l’Afrique est pauvre en données. En Afrique ,et plus particulièrement en Afrique subsaharienne, la collecte de données publiques, les enquêtes auprès des ménages et des entreprises, la collecte de données par le biais de systèmes administratifs tels que les registres de naissance, les pensions, les dossiers fiscaux, la santé et le recensement sont peu fréquentes et manquent souvent de granularité pour être exploitées avec précision.

Et lorsque certaines données existent, elles ne sont souvent numérisées pour être exploitées immédiatement par des applications d’IA. Par conséquent, dans le secteur public où les applications d’IA auraient pu être appliquées pour booster le développement sur le continent, l’infrastructure de données est malheureusement inexistante ou gravement inadéquate.

Pour montrer ce qui est possible dans un écosystème de données bien développé, les services de Santé du Royaume-Uni ont collaboré avec Google pour faire mettre en place un dispositif basé sur l’IA et qui permet la détection rapide de cancers. Ce dispositif permet d’avoir des données sur les patients au sein du système.

Il n’est donc pas surprenant que certaines des applications d’IA les plus prometteuses en Afrique soient presque entièrement pilotées par le secteur privé. Les organisations du secteur privé en Afrique disposent généralement de données qui sont collectées à des fins économiques, avec une fréquence élevée et avec un niveau de granularité plus élevé.

Il s’agit notamment de données provenant de téléphones portables, de transactions électroniques, de médias sociaux, d’applications de santé et de remise en forme, ainsi que des données provenant des satellites. Ces données ont permis de développer des applications d’IA telles que les chatbots et les assistants virtuels.

Pour que l’Afrique puisse exploiter pleinement le potentiel de son économie émergente en matière d’IA, la prochaine décennie doit être axée sur le développement des écosystèmes de données publiques, et éventuellement sur leur intégration au secteur privé de manière à stimuler le développement et à protéger les droits de l’homme.

Emploi et mutations économiques

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Les experts ne sont pas unanimes sur les effets de l’IA et de l’automatisation sur l’avenir du travail au niveau mondial. Il existe une école de pensée qui affirme que les gains de productivité résultant des progrès de l’IA dans tous les secteurs économiques compenseront les pertes d’emploi initiales causées par l’IA et l’automatisation.

D’autres éminents leaders d’opinion décrivent des perspectives plus sombres pour l’avenir de l’emploi et du travail. Cependant, ils s’accordent tous sur l’effet considérable que les progrès de l’intelligence artificielle et de l’automatisation auront sur l’avenir de l’emploi en Afrique, par rapport à d’autres régions du monde.

L’Afrique subsaharienne est déjà la région la plus jeune du monde, avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans. D’ici 2030, le continent abritera plus d’un quart de la population mondiale des moins de 25 ans. Cette explosion démographique augmentera la taille de la main-d’œuvre dans la région plus que dans le reste du monde. Néanmoins, les données du Forum économique mondial révèlent que les pays africains sont très vulnérables aux délocalisations  d’emplois provoquées par l’IA et l’automatisation. Les statistiques ci-dessous illustrent cette vulnérabilité :

  • L’Afrique subsaharienne affiche une part d’emplois hautement qualifiés de seulement 6 %, ce qui contraste avec la moyenne mondiale de 24 %. L’Afrique du Sud, l’île Maurice et le Botswana sont en tête pour la disponibilité locale d’emplois hautement qualifiés, tandis que d’autres, comme l’Éthiopie et le Nigeria, maintiennent une forte proportion de travailleurs dans des emplois moins qualifiés – qui sont plus susceptibles d’être automatisés.
  • D’un point de vue technologique, 41% de toutes les activités professionnelles en Afrique du Sud sont susceptibles d’être automatisées, tout comme 44% en Éthiopie, 46% au Nigeria, 48% à Maurice, 52% au Kenya et 53% en Angola.

Compte tenu de la vulnérabilité de l’Afrique aux déplacements massifs d’emplois qui pourraient être provoqués par l’IA et l’automatisation, des mesures urgentes doivent être prises pour mettre en œuvre une révision ascendante des programmes scolaires dans toute l’Afrique.

Plus que jamais, la participation et la contribution de l’industrie sont nécessaires pour remodeler l’apprentissage et l’instruction dans les établissements d’enseignement afin de préparer une main-d’œuvre à l’évolution rapide du travail du XXIe siècle.

Ce qui a été observé jusqu’à présent ressemble davantage à une approche du haut vers le bas largement dirigée par le secteur privé, avec la création de centres de recherche sur l’IA à travers l’Afrique par les géants mondiaux de la technologie.

Google a ouvert son laboratoire d’IA à Accra en avril 2019, et l’Institut africain des sciences mathématiques a été créé à Kigali au Rwanda en 2016 pour fournir une main-d’œuvre de haut niveau en IA et en machine Learning  pour l’Afrique. Une approche ascendante plus délibérée exigera des gouvernements qu’ils élaborent des politiques qui répondent à la nature changeante de l’emploi sur le continent, en fixant un programme pour les décennies à venir.

La mise en œuvre de cette politique pourrait impliquer des mesures tactiques telles que l’investissement accru dans l’enseignement des STIM dès le niveau primaire ou secondaire. Néanmoins, toute action doit découler d’une politique délibérée qui guide les efforts du gouvernement, plutôt que de réponses gouvernementales non coordonnées et impulsives au problème.

Droits de l’homme et responsabilité

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Partout dans le monde, l’évolution de l’AI n’ pas tenu compte des considérations relatives aux droits de l’homme. Ce n’est que tardivement que les entreprises à l’avant-garde du développement de l’AI ont sérieusement réfléchi aux droits de l’homme et à la responsabilité dans la mise en œuvre des systèmes d’IA, souvent en réponse à la pression de la société civile.

Tant par leur conception que par leur fonction, les systèmes d’IA peuvent nuire aux droits de l’homme. Je parlerai ici de deux domaines dans le contexte africain où les systèmes d’IA peuvent nuire le plus aux droits de l’homme.

Les violations de la confidentialité des données sont parmi les plus importantes façons dont les systèmes d’IA peuvent être utilisés pour porter atteinte aux droits de l’homme.

En Afrique, où seuls 23 pays environ disposent de lois sur la protection des données, et encore moins d’institution de protection des données, il est facile de voir le potentiel d’abus de la confidentialité des données pour les applications d’IA qui utilisent les données personnelles des citoyens, notamment les informations financières et de santé.

Le déploiement de la technologie de reconnaissance faciale dans les grandes villes du continent constitue un autre débouché pour les violations des droits de l’homme.

En réponse à un rapport du Wall Street Journal qui affirmait que les techniciens de Huawei avaient aidé les responsables des services de renseignement en Ouganda à espionner leurs opposants politiques, la police ougandaise a confirmé que la société technologique Huawei déploie un système de surveillance massif qui utilise la reconnaissance faciale et d’autres logiciels d’intelligence artificielle pour lutter contre la criminalité dans le pays.

Les opposants Ougandais  craignent que cette capacité puisse être utilisée pour identifier et cibler les manifestants et les leaders de l’opposition avant les élections de 2021. De même, en avril 2018, la société chinoise CloudWalk a signé un accord avec le gouvernement du Zimbabwe pour aider à construire un système de reconnaissance faciale de masse.

Le système de reconnaissance faciale d’IA utilisé dans la capitale ougandaise fait partie de l’initiative “Safe City” de Huawei. Cette technologie est déjà répliquée ou le sera bientôt au Kenya, au Botswana, à l’île Maurice et en Zambie. Si le déploiement de telles technologies peut être utile pour réduire la criminalité, elles pourraient également devenir des instruments d’oppression aux mains de régimes répressifs.

À l’échelle mondiale, on observe également une adoption croissante des applications de l’IA pour le recrutement de ressources humaines, l’évaluation des crédits et même l’administration de la justice pénale. Ces rôles décisionnels critiques, qui étaient autrefois l’apanage des humains, ont des conséquences énormes pour les personnes concernées par les décisions.

La plus grande préoccupation liée au déploiement de ces systèmes est le biais inhérent aux algorithmes qui sous-tendent l’IA.  Ces algorithmes sont généralement formés avec des données qui excluent les membres d’une population. Cela conduit à des décisions et des résultats qui exacerbent encore la marginalisation.

Un exemple très connu est celui des rapports de 2019 qui suggéraient que la carte Apple, une carte de crédit créée par Apple et développée par Goldman Sachs, était apparemment biaisée contre les femmes en leur donnant des limites de crédit moins favorables que celles des hommes. Une autre préoccupation est l’opacité qui entoure ces systèmes d’IA.

Citant des secrets commerciaux ou la confidentialité des brevets, les propriétaires de ces systèmes d’IA sont réticents à partager le code source qui alimente ces algorithmes. Avant que ces systèmes ou leurs variantes ne soient largement adoptés en Afrique, des politiques de protection des droits de l’homme doivent être mises en place pour protéger les personnes vulnérables et marginalisées.

Pour bénéficier de l’AI, l’Afrique doit consolider les acquis des 2e et 3e révolutions industrielles

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Davantage de pays africains doivent se joindre à des pays comme le Kenya et la Tunisie pour mettre en place des politiques nationales sur l’IA afin de coordonner les efforts nationaux en faveur du développement de l’intelligence artificielle.

Il faudra également consolider le paysage politique autour de l’infrastructure des données, des compétences numériques et de la protection des droits de l’homme. Cela permettra à l’Afrique de bénéficier des avancées de la 4e révolution industrielle qui, il faut le reconnaître n’est qu’une continuité des 2e et 3e révolutions industrielles.

Les pays qui ont le plus bénéficié des 4e révolutions  jusqu’à présent sont ceux qui ont continuellement investi et amélioré les infrastructures de base qui sous-tendent les 2e et 3e révolution (une électricité stable, des transports de masse efficaces, un accès au haut débit, etc.)

À l’heure actuelle, l’approvisionnement en électricité et l’accès à Internet en Afrique sont inexistants pour de larges segments de la population, ou insuffisamment fournis lorsqu’ils existent. Sans accès aux infrastructures de base, comme l’électricité et le haut débit, le développement des 4e Révolution Industrielle en Afrique sera entravé.

Cependant, avec des investissements continus dans ces secteurs ainsi que les nouvelles technologies comme l’IA, l’Afrique pourrait tout aussi bien prendre un virage et entamer un nouveau chapitre de développement qu’elle n’a –jusqu’ici- jamais connu.

L’auteur de l’article, Babatunde Okunoye est chercheur chez Paradigm Initiative.

 

 

Template for Writing A Memo on the Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132)

By | Advocacy, Digital Rights

To: Senator Ahmad Lawan, the Senate President

Senator Michael Opeyemi Bamidele, Chairman Senate Committee on Judiciary, Human Rights and Legal Matters

The Clerk, Senate Committee on Judiciary, Human Rights and Legal Matters

From: Name of your organization/coalition/your name

Date: Insert the Date

Subject: Memorandum on the Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132)

INTRODUCTION

Name is/are delighted to submit this memorandum ahead of the planned public hearing to discuss the Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132) by the Senate Committee on Judiciary, Human Rights and Legal Matters. 

A Statement of what you/your organisation does and how it relates to the bill in question. (Your Name)  opposes this bill in its entirety. Our position is that the ongoing process to pass this bill must be discontinued because it is not in the best interest of Nigeria and Nigerians and we have highlighted the issues below.

Argument 1 

(A sample argument below)

The provision of the bill in Clause 3 contradicts the provision of the Nigerian Constitution in Section 37, which guarantees the fundamental right to freedom of expression. The clause makes broad provisions for how speech may be punished and used the term ‘false statement’ very loosely, failing to define what constitutes ‘false statement’ and leaving the determination of what is false to government and its agents alone.  We, therefore, recommend that the entire clause should be removed from the bill. 

Argument 2

(Another  sample argument below)

The bill is built on a false premise, and it seeks to duplicate existing laws of the Federal Republic of Nigeria. There are existing laws such as Cybercrime Act 2015 and Libel laws that address offenses that the Bill seeks to create. We believe that the process of discussing the bill amounts to the waste of time of the Committee and all other stakeholders who have had to commit resources to doing their constitutional duty of engaging with the lawmaking process. Therefore, we join our voice to those of others calling for the withdrawal of this bill from Senate (or any other Chamber’s) consideration, now, or at any time. 

Argument 3

Argument 4…

Conclusion/Recommendation

We hereby conclude and recommend that this bill be thrown out as it does not fit into the ideals of a democratic society. We urge this committee to report back to the Committee of the Whole of the Senate with our recommendation that this bill should not be considered further in order to save this country the needless resources and time that will be spent on this suppressive and anti-people draft legislation. 

Best regards, 

Name of your organization/coalition/your name

—end—

Some Other Memo Examples 

 Joint memo

Organisation memo

Individual Memo 

Read: Submitting A Memo to the  National Assembly, 10 things you must know  

We strongly recommend that you write this memo immediately, given that Public Hearing notices do not usually give adequate time. Feel free to share your sample memo with us via notosocialmediabill@paradigmhq.org or, if you would like us to submit on your behalf during the Public Hearing (in addition to the eMail copy you will send once the Committee provides details), kindly use the same eMail address.

Also, use our Campaign materials available via this link to say no to the The Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132)

Au Cameroun de Paul Biya, la répression numérique s’accentue et inquiète

By | Advocacy

Le président camerounais Paul Biya n’est pas aussi suivi sur Twitter comme ses homologues Paul Kagamé (1, 44 millions d’abonnés) du Rwanda ou encore Nana Akufo-Addo (951k abonnés) du Ghana. Cependant les publications de plus en plus fréquentes du président camerounais et sa gestion de son compte Twitter suscitent des réactions dans la presse locale et régionale. Le quadragénaire est accusé de supprimer sous ses publications, les commentaires qui lui sont défavorables et de bloquer les activistes ainsi que les personnalités politiques qui critiquent sa gestion du pays.

Depuis plusieurs mois, Paul Biya a décidé de s’adresser à ses compatriotes via les réseaux sociaux ; ses visites officielles, ses messages de voeux…tout se fait via son compte Twitter. Le président Biya a commencé depuis quelques semaines à évoquer toujours sur cette plateforme numérique, l’actualité sociopolitique de son pays. Avec des citations inscrites sur des visuels, il aborde des thèmes comme le pardon, la liberté de manifestation ou encore le dialogue.

Ce sont ces publications qui sont diversement appréciées par une partie des internautes camerounais. Les critiques fusent régulièrement de part et d’autre. Si certains critiquent sa gouvernance économique du Cameroun, beaucoup remettent en cause sa gestion des crises anglophone et postélectorale.

Selon le site d’informations panafricain africardv.com, plusieurs de ces commentaires qui fustigent la gouvernance du président Paul Biya sont systématiquement supprimés. Les auteurs sont bloqués et ne pourront plus suivre le chef de l’État. Du haut de ses 85 ans, l’homme qui dirige le Cameroun depuis 35 ans n’accepte visiblement pas les critiques selon Africardv.

« Le leader du mouvement Stand Up For Cameroon et présidente du Cameroon Peoples Party (CPP), Kah Walla, a annoncé qu’elle avait été bloquée sur le compte Twitter de Paul Biya. De même que le blogueur Serge Mapoko et quelques rares qui ont eu le courage de l’exprimer publiquement”, a publié le journal en ligne.

Les organisations de la société civile sont montées au créneau pour dénoncer ce qu’elles qualifient de restriction de la liberté d’expression en ligne. Depuis Paris, Internet sans Frontière se montre inquiète.

“Nous sommes très inquiets que les personnalités politiques, mais également de la société civile ou même des citoyens lambdas puissent être bloqués par le compte officiel du président du Cameroun. C’est une institution et à ce titre, une institution démocratique doit pouvoir accepter que les citoyens puissent s’adresser à elle y compris des critiques” a confié Julie Owono Directrice de Internet Sans Frontière qui appuie ses propos par l’exemple américain. En effet la Cour suprême américaine avait assimilé à de la censure, le fait pour le président Donald Trump de bloquer ses opposants sur la plateforme Twitter.

Pour le journaliste et lanceur d’alerte camerounais Paul Chouta, « le fait de bloquer les activistes, blogueurs et influenceurs web critiques vis-à-vis du régime sur le compte du président Paul BIYA est une preuve de son caractère dictatorial, car bloquer des gens parce qu’ils ne partagent pas les mêmes points de vue que lui résulte tout simplement du refus de la contraction qui va aux antipodes de la démocratie ».

De son Côté, Patrice Nouma, activiste en exile aux USA relativise. Pour l’ancien officier reconverti en web-activiste, Paul Biya est libre de bloquer qui il veut sur compte Twitter. Il estime qu’une partie des commentaires souvent supprimés par le chef de l’État font plutôt « l’éloge de la sécession, de tentative de coup d’État et de dénigrement ». Néanmoins, Patrice Nouma estime qu’en sa qualité de président de la République, « il [Paul Biya] devrait accepter les critiques ».

Le Cameroun a perdu deux points au dernier classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté d’expression. Selon l’ONG, la menace sur la liberté d’expression est permanente au Cameroun.

“Le Cameroun poursuit sa longue marche arrière en matière de liberté de la presse. Champion africain des coupures internet en 2017, le pays a de nouveau connu des perturbations de son réseau à la suite de la réélection de Paul Biya pour un septième mandat en octobre 2018”, précise RSF avant de dénoncer “les détentions arbitraires de journalistes et les poursuites, notamment devant des tribunaux militaires ou des juridictions spéciales”, a publié RSF.

Le site d’information en ligne le plus suivi du pays, CameroonWeb avait d’ailleurs été censurée pendant plusieurs mois avant d’être remise en ligne.

Il faut rappeler que depuis 2016, la crise anglophone menace le pouvoir de Paul Biya. Soutenus par certains activistes de la diaspora, les contestataires revendiquent de plus en plus clairement la sécession du pays. En 2017, l’internet a été coupé dans les régions contestataires du nord-ouest et du sud-ouest pendant plus de trois mois savants d’être rétabli.

Emmanuel Vitus est Google Policy Fellow et Chercheur auprès de Paradigm Initiative.

 

#DRIF19: Delegates Call for Renewed Action to Protect Digital Rights in Africa

By | Advocacy, Press Release

Delegates at the Digital Rights and Inclusion Forum have expressed concern at the spate of violation of human rights online on the African continent, calling for renewed action to protect the digital space from rights violations.

The delegates were speaking at the 3-day Forum which held in Lagos, Nigeria, from April 23-25 and welcomed delegates and speakers from across Africa and beyond. The Forum provides a platform for conversations on efforts to ensure human rights online are not violated and that more people in Africa are connected to the internet.

Anriette Esterhuysen, the former executive director of the Association for Progressive Communications, in her submission, argued that the internet has to be protected and remain open as “it is the usually the only means of expression for some minority groups to access information on issues that are not openly discussed.”

Grace Githaiga, the co-convener of KICKTANET said, despite the challenges facing the digital rights space on the continent including internet shutdown, harassment of internet users and online journalists, and lack of data protection laws in many countries, “advocates should celebrate the positive- good laws, initiatives, and partners that allow us to meet and remaining optimistic of a better future.”

This came on the backdrop of conversation on internet censorship that has rocked the continent over the last few years. Africa now leads with the highest number of countries shutting down the internet or restricting service. In Chad, for example, social media has been shut down by the government for over a year now. In 2019 alone, Chad, Sudan, Zimbabwe and DR Congo have either shut down the internet or restricted access to services.

Speaking on the challenges facing efforts to improve internet penetration, Funke Opeke, the chief executive of MainOne Cable, emphasised the need for government to partner the private sector instead of constituting itself as a stumbling block to expand internet access. She said governments in other climes “create the right incentives and structures to facilitate access to the internet, especially in the rural areas. Dr Ernest Ndukwe, a former chief executive of the Nigerian Communication Commission, also urged civil society and active citizens “to focus more attention on what government can do to ensure people have access.”

The Forum also explored the state of data protection and privacy laws on the continent. Ephraim Kenyanito of Article 19 and Morisola Alaba of Media Rights Agenda, while speaking on the new 5G technology, said there was an urgent need to have data privacy legislation as the technology made its way to the continent, saying the technical capabilities of 5G could allow for greater surveillance capacities for repressive governments.

The tone for the Forum was set by the Opening Panel which was moderated by ‘Gbenga Sesan, the Executive Director of Paradigm Initiative and featured Hawa Ba, the Head of Senegal Office of Open Society Initiative for West Africa, Segun Mausi, Head of Africa division at Human Rights Watch, and a Emmanuella Darkwah who was representing Ghana’s National Security Advisor.

The Panel explored the centrality of human rights to modern society and the need to dedicate resources and attention to the protection of human rights. Hawa Ba highlighted the crucial role the internet has played in public education and mobilisation in Senegal and said it was important to ensure the internet remained an open and safe platform. Mausi Segun said all internet users have a duty to fight for the protection of digital rights and to make sure their government enables internet access for more citizens.

While according to Ghana’s Emmanuella Darkwah, Ghana was working on “ensuring internet and digital rights are encompassed in future laws” and, to among things, “make internet shutdown impossible in the country.”

Delegates from

 Togo, Chad and Cameroon bemoaned the ease with which their governments shut down the internet and specific internet services. In Chad, a delegate reported, social media platforms have been unavailable for over a year now, making life unnecessarily harder for the people of the country.

In his closing remarks, ‘Gbenga Sesan urged delegates to go back to their countries with a renewed energy to contribute to efforts to keep the internet safe and open to all users, saying “digital rights advocates are in the business of not minding our businesses. We have no choice but to be involved in efforts that help protect the internet, and to resist action that endangers human rights online.”

#DRIF19 is the seventh edition of the Forum which is convened annually to provide an “important platform where conversations on digital policy in Africa are shaped, and policy directions forged.” The Forum, organised by Paradigm Initiative and supported by Google, Ford Foundation, and Heinrich Böll Stiftung, welcomed delegates from 38 countries.

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For more information on this statement, please send a mail to media@paradigmhq.org. 

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