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Préparer l’Afrique pour la nouvelle décennie de l’AI

By | Advocacy, Digital Rights, ICT Policy

Lentement mais sûrement, les pays d’Afrique ont commencé à se préparer à la quatrième révolution industrielle où les progrès de l’intelligence artificielle, de l’automatisation, de l’internet des objets (IoT), du cloud computing, de la robotique, de l’impression 3D, des nanotechnologies et des technologies sans fil avancées vont radicalement changer notre façon de vivre, de travailler et de gouverner nos sociétés.

L’intelligence artificielle a fait une percée significative en Afrique notamment  avec des start-ups et d’autres institutions axées sur l’intelligence artificielle qui commencent à avoir un impact sur l’économie, la vie sociale et la gouvernance. Les gouvernements de certains  pays comme le Ghana, le Nigeria, le Kenya, la Tunisie et l’Afrique du Sud ont soutenu le développement de l’IA par un soutien financier à la recherche et par la promotion de l’enseignement des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Cela a permis à ces pays de réaliser les progrès les plus significatifs en matière d’intelligence artificielle en Afrique.

Néanmoins, seuls quelques pays comme le Kenya et la Tunisie disposent de stratégies nationales d’intelligence artificielle qui peuvent contribuer à l’intégration de l’intelligence artificielle au sein du gouvernement et des services publics.

Cependant, pour que l’IA – une technologie fondamentale de la quatrième révolution industrielle – ait un impact optimal en Afrique, des changements structurels radicaux doivent avoir lieu dans les différents contextes nationaux du continent. J’en explorerai les trois aspects ci-dessous.

Infrastructure de données

Les applications d’intelligence artificielle qui résolvent des problèmes pratiques acquièrent leur “intelligence” en apprenant à partir de très grands ensembles de données. Par exemple, les modèles d’IA construits pour la reconnaissance faciale ont été alimentés par de très grands ensembles de données comprenant des milliers de visages humains afin d’être formés sur ce qui constitue un visage humain.

De ce fait, les sociétés et les organisations disposant d’écosystèmes de capture, de stockage et de traitement des données très développés sont mieux placées pour bénéficier de manière optimale des progrès de l’IA.

Cela place l’Afrique dans une position désavantageuse car, comme la plupart des pays du Sud, l’Afrique est pauvre en données. En Afrique ,et plus particulièrement en Afrique subsaharienne, la collecte de données publiques, les enquêtes auprès des ménages et des entreprises, la collecte de données par le biais de systèmes administratifs tels que les registres de naissance, les pensions, les dossiers fiscaux, la santé et le recensement sont peu fréquentes et manquent souvent de granularité pour être exploitées avec précision.

Et lorsque certaines données existent, elles ne sont souvent numérisées pour être exploitées immédiatement par des applications d’IA. Par conséquent, dans le secteur public où les applications d’IA auraient pu être appliquées pour booster le développement sur le continent, l’infrastructure de données est malheureusement inexistante ou gravement inadéquate.

Pour montrer ce qui est possible dans un écosystème de données bien développé, les services de Santé du Royaume-Uni ont collaboré avec Google pour faire mettre en place un dispositif basé sur l’IA et qui permet la détection rapide de cancers. Ce dispositif permet d’avoir des données sur les patients au sein du système.

Il n’est donc pas surprenant que certaines des applications d’IA les plus prometteuses en Afrique soient presque entièrement pilotées par le secteur privé. Les organisations du secteur privé en Afrique disposent généralement de données qui sont collectées à des fins économiques, avec une fréquence élevée et avec un niveau de granularité plus élevé.

Il s’agit notamment de données provenant de téléphones portables, de transactions électroniques, de médias sociaux, d’applications de santé et de remise en forme, ainsi que des données provenant des satellites. Ces données ont permis de développer des applications d’IA telles que les chatbots et les assistants virtuels.

Pour que l’Afrique puisse exploiter pleinement le potentiel de son économie émergente en matière d’IA, la prochaine décennie doit être axée sur le développement des écosystèmes de données publiques, et éventuellement sur leur intégration au secteur privé de manière à stimuler le développement et à protéger les droits de l’homme.

Emploi et mutations économiques

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Les experts ne sont pas unanimes sur les effets de l’IA et de l’automatisation sur l’avenir du travail au niveau mondial. Il existe une école de pensée qui affirme que les gains de productivité résultant des progrès de l’IA dans tous les secteurs économiques compenseront les pertes d’emploi initiales causées par l’IA et l’automatisation.

D’autres éminents leaders d’opinion décrivent des perspectives plus sombres pour l’avenir de l’emploi et du travail. Cependant, ils s’accordent tous sur l’effet considérable que les progrès de l’intelligence artificielle et de l’automatisation auront sur l’avenir de l’emploi en Afrique, par rapport à d’autres régions du monde.

L’Afrique subsaharienne est déjà la région la plus jeune du monde, avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans. D’ici 2030, le continent abritera plus d’un quart de la population mondiale des moins de 25 ans. Cette explosion démographique augmentera la taille de la main-d’œuvre dans la région plus que dans le reste du monde. Néanmoins, les données du Forum économique mondial révèlent que les pays africains sont très vulnérables aux délocalisations  d’emplois provoquées par l’IA et l’automatisation. Les statistiques ci-dessous illustrent cette vulnérabilité :

  • L’Afrique subsaharienne affiche une part d’emplois hautement qualifiés de seulement 6 %, ce qui contraste avec la moyenne mondiale de 24 %. L’Afrique du Sud, l’île Maurice et le Botswana sont en tête pour la disponibilité locale d’emplois hautement qualifiés, tandis que d’autres, comme l’Éthiopie et le Nigeria, maintiennent une forte proportion de travailleurs dans des emplois moins qualifiés – qui sont plus susceptibles d’être automatisés.
  • D’un point de vue technologique, 41% de toutes les activités professionnelles en Afrique du Sud sont susceptibles d’être automatisées, tout comme 44% en Éthiopie, 46% au Nigeria, 48% à Maurice, 52% au Kenya et 53% en Angola.

Compte tenu de la vulnérabilité de l’Afrique aux déplacements massifs d’emplois qui pourraient être provoqués par l’IA et l’automatisation, des mesures urgentes doivent être prises pour mettre en œuvre une révision ascendante des programmes scolaires dans toute l’Afrique.

Plus que jamais, la participation et la contribution de l’industrie sont nécessaires pour remodeler l’apprentissage et l’instruction dans les établissements d’enseignement afin de préparer une main-d’œuvre à l’évolution rapide du travail du XXIe siècle.

Ce qui a été observé jusqu’à présent ressemble davantage à une approche du haut vers le bas largement dirigée par le secteur privé, avec la création de centres de recherche sur l’IA à travers l’Afrique par les géants mondiaux de la technologie.

Google a ouvert son laboratoire d’IA à Accra en avril 2019, et l’Institut africain des sciences mathématiques a été créé à Kigali au Rwanda en 2016 pour fournir une main-d’œuvre de haut niveau en IA et en machine Learning  pour l’Afrique. Une approche ascendante plus délibérée exigera des gouvernements qu’ils élaborent des politiques qui répondent à la nature changeante de l’emploi sur le continent, en fixant un programme pour les décennies à venir.

La mise en œuvre de cette politique pourrait impliquer des mesures tactiques telles que l’investissement accru dans l’enseignement des STIM dès le niveau primaire ou secondaire. Néanmoins, toute action doit découler d’une politique délibérée qui guide les efforts du gouvernement, plutôt que de réponses gouvernementales non coordonnées et impulsives au problème.

Droits de l’homme et responsabilité

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Partout dans le monde, l’évolution de l’AI n’ pas tenu compte des considérations relatives aux droits de l’homme. Ce n’est que tardivement que les entreprises à l’avant-garde du développement de l’AI ont sérieusement réfléchi aux droits de l’homme et à la responsabilité dans la mise en œuvre des systèmes d’IA, souvent en réponse à la pression de la société civile.

Tant par leur conception que par leur fonction, les systèmes d’IA peuvent nuire aux droits de l’homme. Je parlerai ici de deux domaines dans le contexte africain où les systèmes d’IA peuvent nuire le plus aux droits de l’homme.

Les violations de la confidentialité des données sont parmi les plus importantes façons dont les systèmes d’IA peuvent être utilisés pour porter atteinte aux droits de l’homme.

En Afrique, où seuls 23 pays environ disposent de lois sur la protection des données, et encore moins d’institution de protection des données, il est facile de voir le potentiel d’abus de la confidentialité des données pour les applications d’IA qui utilisent les données personnelles des citoyens, notamment les informations financières et de santé.

Le déploiement de la technologie de reconnaissance faciale dans les grandes villes du continent constitue un autre débouché pour les violations des droits de l’homme.

En réponse à un rapport du Wall Street Journal qui affirmait que les techniciens de Huawei avaient aidé les responsables des services de renseignement en Ouganda à espionner leurs opposants politiques, la police ougandaise a confirmé que la société technologique Huawei déploie un système de surveillance massif qui utilise la reconnaissance faciale et d’autres logiciels d’intelligence artificielle pour lutter contre la criminalité dans le pays.

Les opposants Ougandais  craignent que cette capacité puisse être utilisée pour identifier et cibler les manifestants et les leaders de l’opposition avant les élections de 2021. De même, en avril 2018, la société chinoise CloudWalk a signé un accord avec le gouvernement du Zimbabwe pour aider à construire un système de reconnaissance faciale de masse.

Le système de reconnaissance faciale d’IA utilisé dans la capitale ougandaise fait partie de l’initiative “Safe City” de Huawei. Cette technologie est déjà répliquée ou le sera bientôt au Kenya, au Botswana, à l’île Maurice et en Zambie. Si le déploiement de telles technologies peut être utile pour réduire la criminalité, elles pourraient également devenir des instruments d’oppression aux mains de régimes répressifs.

À l’échelle mondiale, on observe également une adoption croissante des applications de l’IA pour le recrutement de ressources humaines, l’évaluation des crédits et même l’administration de la justice pénale. Ces rôles décisionnels critiques, qui étaient autrefois l’apanage des humains, ont des conséquences énormes pour les personnes concernées par les décisions.

La plus grande préoccupation liée au déploiement de ces systèmes est le biais inhérent aux algorithmes qui sous-tendent l’IA.  Ces algorithmes sont généralement formés avec des données qui excluent les membres d’une population. Cela conduit à des décisions et des résultats qui exacerbent encore la marginalisation.

Un exemple très connu est celui des rapports de 2019 qui suggéraient que la carte Apple, une carte de crédit créée par Apple et développée par Goldman Sachs, était apparemment biaisée contre les femmes en leur donnant des limites de crédit moins favorables que celles des hommes. Une autre préoccupation est l’opacité qui entoure ces systèmes d’IA.

Citant des secrets commerciaux ou la confidentialité des brevets, les propriétaires de ces systèmes d’IA sont réticents à partager le code source qui alimente ces algorithmes. Avant que ces systèmes ou leurs variantes ne soient largement adoptés en Afrique, des politiques de protection des droits de l’homme doivent être mises en place pour protéger les personnes vulnérables et marginalisées.

Pour bénéficier de l’AI, l’Afrique doit consolider les acquis des 2e et 3e révolutions industrielles

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Davantage de pays africains doivent se joindre à des pays comme le Kenya et la Tunisie pour mettre en place des politiques nationales sur l’IA afin de coordonner les efforts nationaux en faveur du développement de l’intelligence artificielle.

Il faudra également consolider le paysage politique autour de l’infrastructure des données, des compétences numériques et de la protection des droits de l’homme. Cela permettra à l’Afrique de bénéficier des avancées de la 4e révolution industrielle qui, il faut le reconnaître n’est qu’une continuité des 2e et 3e révolutions industrielles.

Les pays qui ont le plus bénéficié des 4e révolutions  jusqu’à présent sont ceux qui ont continuellement investi et amélioré les infrastructures de base qui sous-tendent les 2e et 3e révolution (une électricité stable, des transports de masse efficaces, un accès au haut débit, etc.)

À l’heure actuelle, l’approvisionnement en électricité et l’accès à Internet en Afrique sont inexistants pour de larges segments de la population, ou insuffisamment fournis lorsqu’ils existent. Sans accès aux infrastructures de base, comme l’électricité et le haut débit, le développement des 4e Révolution Industrielle en Afrique sera entravé.

Cependant, avec des investissements continus dans ces secteurs ainsi que les nouvelles technologies comme l’IA, l’Afrique pourrait tout aussi bien prendre un virage et entamer un nouveau chapitre de développement qu’elle n’a –jusqu’ici- jamais connu.

L’auteur de l’article, Babatunde Okunoye est chercheur chez Paradigm Initiative.

 

 

Template for Writing A Memo on the Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132)

By | Advocacy, Digital Rights

To: Senator Ahmad Lawan, the Senate President

Senator Michael Opeyemi Bamidele, Chairman Senate Committee on Judiciary, Human Rights and Legal Matters

The Clerk, Senate Committee on Judiciary, Human Rights and Legal Matters

From: Name of your organization/coalition/your name

Date: Insert the Date

Subject: Memorandum on the Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132)

INTRODUCTION

Name is/are delighted to submit this memorandum ahead of the planned public hearing to discuss the Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132) by the Senate Committee on Judiciary, Human Rights and Legal Matters. 

A Statement of what you/your organisation does and how it relates to the bill in question. (Your Name)  opposes this bill in its entirety. Our position is that the ongoing process to pass this bill must be discontinued because it is not in the best interest of Nigeria and Nigerians and we have highlighted the issues below.

Argument 1 

(A sample argument below)

The provision of the bill in Clause 3 contradicts the provision of the Nigerian Constitution in Section 37, which guarantees the fundamental right to freedom of expression. The clause makes broad provisions for how speech may be punished and used the term ‘false statement’ very loosely, failing to define what constitutes ‘false statement’ and leaving the determination of what is false to government and its agents alone.  We, therefore, recommend that the entire clause should be removed from the bill. 

Argument 2

(Another  sample argument below)

The bill is built on a false premise, and it seeks to duplicate existing laws of the Federal Republic of Nigeria. There are existing laws such as Cybercrime Act 2015 and Libel laws that address offenses that the Bill seeks to create. We believe that the process of discussing the bill amounts to the waste of time of the Committee and all other stakeholders who have had to commit resources to doing their constitutional duty of engaging with the lawmaking process. Therefore, we join our voice to those of others calling for the withdrawal of this bill from Senate (or any other Chamber’s) consideration, now, or at any time. 

Argument 3

Argument 4…

Conclusion/Recommendation

We hereby conclude and recommend that this bill be thrown out as it does not fit into the ideals of a democratic society. We urge this committee to report back to the Committee of the Whole of the Senate with our recommendation that this bill should not be considered further in order to save this country the needless resources and time that will be spent on this suppressive and anti-people draft legislation. 

Best regards, 

Name of your organization/coalition/your name

—end—

Some Other Memo Examples 

 Joint memo

Organisation memo

Individual Memo 

Read: Submitting A Memo to the  National Assembly, 10 things you must know  

We strongly recommend that you write this memo immediately, given that Public Hearing notices do not usually give adequate time. Feel free to share your sample memo with us via notosocialmediabill@paradigmhq.org or, if you would like us to submit on your behalf during the Public Hearing (in addition to the eMail copy you will send once the Committee provides details), kindly use the same eMail address.

Also, use our Campaign materials available via this link to say no to the The Protection from Internet Falsehood and Manipulation Bill, 2019 (SB 132)

Au Cameroun de Paul Biya, la répression numérique s’accentue et inquiète

By | Advocacy

Le président camerounais Paul Biya n’est pas aussi suivi sur Twitter comme ses homologues Paul Kagamé (1, 44 millions d’abonnés) du Rwanda ou encore Nana Akufo-Addo (951k abonnés) du Ghana. Cependant les publications de plus en plus fréquentes du président camerounais et sa gestion de son compte Twitter suscitent des réactions dans la presse locale et régionale. Le quadragénaire est accusé de supprimer sous ses publications, les commentaires qui lui sont défavorables et de bloquer les activistes ainsi que les personnalités politiques qui critiquent sa gestion du pays.

Depuis plusieurs mois, Paul Biya a décidé de s’adresser à ses compatriotes via les réseaux sociaux ; ses visites officielles, ses messages de voeux…tout se fait via son compte Twitter. Le président Biya a commencé depuis quelques semaines à évoquer toujours sur cette plateforme numérique, l’actualité sociopolitique de son pays. Avec des citations inscrites sur des visuels, il aborde des thèmes comme le pardon, la liberté de manifestation ou encore le dialogue.

Ce sont ces publications qui sont diversement appréciées par une partie des internautes camerounais. Les critiques fusent régulièrement de part et d’autre. Si certains critiquent sa gouvernance économique du Cameroun, beaucoup remettent en cause sa gestion des crises anglophone et postélectorale.

Selon le site d’informations panafricain africardv.com, plusieurs de ces commentaires qui fustigent la gouvernance du président Paul Biya sont systématiquement supprimés. Les auteurs sont bloqués et ne pourront plus suivre le chef de l’État. Du haut de ses 85 ans, l’homme qui dirige le Cameroun depuis 35 ans n’accepte visiblement pas les critiques selon Africardv.

« Le leader du mouvement Stand Up For Cameroon et présidente du Cameroon Peoples Party (CPP), Kah Walla, a annoncé qu’elle avait été bloquée sur le compte Twitter de Paul Biya. De même que le blogueur Serge Mapoko et quelques rares qui ont eu le courage de l’exprimer publiquement”, a publié le journal en ligne.

Les organisations de la société civile sont montées au créneau pour dénoncer ce qu’elles qualifient de restriction de la liberté d’expression en ligne. Depuis Paris, Internet sans Frontière se montre inquiète.

“Nous sommes très inquiets que les personnalités politiques, mais également de la société civile ou même des citoyens lambdas puissent être bloqués par le compte officiel du président du Cameroun. C’est une institution et à ce titre, une institution démocratique doit pouvoir accepter que les citoyens puissent s’adresser à elle y compris des critiques” a confié Julie Owono Directrice de Internet Sans Frontière qui appuie ses propos par l’exemple américain. En effet la Cour suprême américaine avait assimilé à de la censure, le fait pour le président Donald Trump de bloquer ses opposants sur la plateforme Twitter.

Pour le journaliste et lanceur d’alerte camerounais Paul Chouta, « le fait de bloquer les activistes, blogueurs et influenceurs web critiques vis-à-vis du régime sur le compte du président Paul BIYA est une preuve de son caractère dictatorial, car bloquer des gens parce qu’ils ne partagent pas les mêmes points de vue que lui résulte tout simplement du refus de la contraction qui va aux antipodes de la démocratie ».

De son Côté, Patrice Nouma, activiste en exile aux USA relativise. Pour l’ancien officier reconverti en web-activiste, Paul Biya est libre de bloquer qui il veut sur compte Twitter. Il estime qu’une partie des commentaires souvent supprimés par le chef de l’État font plutôt « l’éloge de la sécession, de tentative de coup d’État et de dénigrement ». Néanmoins, Patrice Nouma estime qu’en sa qualité de président de la République, « il [Paul Biya] devrait accepter les critiques ».

Le Cameroun a perdu deux points au dernier classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté d’expression. Selon l’ONG, la menace sur la liberté d’expression est permanente au Cameroun.

“Le Cameroun poursuit sa longue marche arrière en matière de liberté de la presse. Champion africain des coupures internet en 2017, le pays a de nouveau connu des perturbations de son réseau à la suite de la réélection de Paul Biya pour un septième mandat en octobre 2018”, précise RSF avant de dénoncer “les détentions arbitraires de journalistes et les poursuites, notamment devant des tribunaux militaires ou des juridictions spéciales”, a publié RSF.

Le site d’information en ligne le plus suivi du pays, CameroonWeb avait d’ailleurs été censurée pendant plusieurs mois avant d’être remise en ligne.

Il faut rappeler que depuis 2016, la crise anglophone menace le pouvoir de Paul Biya. Soutenus par certains activistes de la diaspora, les contestataires revendiquent de plus en plus clairement la sécession du pays. En 2017, l’internet a été coupé dans les régions contestataires du nord-ouest et du sud-ouest pendant plus de trois mois savants d’être rétabli.

Emmanuel Vitus est Google Policy Fellow et Chercheur auprès de Paradigm Initiative.

 

#DRIF19: Delegates Call for Renewed Action to Protect Digital Rights in Africa

By | Advocacy, Press Release

Delegates at the Digital Rights and Inclusion Forum have expressed concern at the spate of violation of human rights online on the African continent, calling for renewed action to protect the digital space from rights violations.

The delegates were speaking at the 3-day Forum which held in Lagos, Nigeria, from April 23-25 and welcomed delegates and speakers from across Africa and beyond. The Forum provides a platform for conversations on efforts to ensure human rights online are not violated and that more people in Africa are connected to the internet.

Anriette Esterhuysen, the former executive director of the Association for Progressive Communications, in her submission, argued that the internet has to be protected and remain open as “it is the usually the only means of expression for some minority groups to access information on issues that are not openly discussed.”

Grace Githaiga, the co-convener of KICKTANET said, despite the challenges facing the digital rights space on the continent including internet shutdown, harassment of internet users and online journalists, and lack of data protection laws in many countries, “advocates should celebrate the positive- good laws, initiatives, and partners that allow us to meet and remaining optimistic of a better future.”

This came on the backdrop of conversation on internet censorship that has rocked the continent over the last few years. Africa now leads with the highest number of countries shutting down the internet or restricting service. In Chad, for example, social media has been shut down by the government for over a year now. In 2019 alone, Chad, Sudan, Zimbabwe and DR Congo have either shut down the internet or restricted access to services.

Speaking on the challenges facing efforts to improve internet penetration, Funke Opeke, the chief executive of MainOne Cable, emphasised the need for government to partner the private sector instead of constituting itself as a stumbling block to expand internet access. She said governments in other climes “create the right incentives and structures to facilitate access to the internet, especially in the rural areas. Dr Ernest Ndukwe, a former chief executive of the Nigerian Communication Commission, also urged civil society and active citizens “to focus more attention on what government can do to ensure people have access.”

The Forum also explored the state of data protection and privacy laws on the continent. Ephraim Kenyanito of Article 19 and Morisola Alaba of Media Rights Agenda, while speaking on the new 5G technology, said there was an urgent need to have data privacy legislation as the technology made its way to the continent, saying the technical capabilities of 5G could allow for greater surveillance capacities for repressive governments.

The tone for the Forum was set by the Opening Panel which was moderated by ‘Gbenga Sesan, the Executive Director of Paradigm Initiative and featured Hawa Ba, the Head of Senegal Office of Open Society Initiative for West Africa, Segun Mausi, Head of Africa division at Human Rights Watch, and a Emmanuella Darkwah who was representing Ghana’s National Security Advisor.

The Panel explored the centrality of human rights to modern society and the need to dedicate resources and attention to the protection of human rights. Hawa Ba highlighted the crucial role the internet has played in public education and mobilisation in Senegal and said it was important to ensure the internet remained an open and safe platform. Mausi Segun said all internet users have a duty to fight for the protection of digital rights and to make sure their government enables internet access for more citizens.

While according to Ghana’s Emmanuella Darkwah, Ghana was working on “ensuring internet and digital rights are encompassed in future laws” and, to among things, “make internet shutdown impossible in the country.”

Delegates from

 Togo, Chad and Cameroon bemoaned the ease with which their governments shut down the internet and specific internet services. In Chad, a delegate reported, social media platforms have been unavailable for over a year now, making life unnecessarily harder for the people of the country.

In his closing remarks, ‘Gbenga Sesan urged delegates to go back to their countries with a renewed energy to contribute to efforts to keep the internet safe and open to all users, saying “digital rights advocates are in the business of not minding our businesses. We have no choice but to be involved in efforts that help protect the internet, and to resist action that endangers human rights online.”

#DRIF19 is the seventh edition of the Forum which is convened annually to provide an “important platform where conversations on digital policy in Africa are shaped, and policy directions forged.” The Forum, organised by Paradigm Initiative and supported by Google, Ford Foundation, and Heinrich Böll Stiftung, welcomed delegates from 38 countries.

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For more information on this statement, please send a mail to media@paradigmhq.org. 

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#KeepItOn : vers une élection sans internet au Sénégal?

By | Advocacy, Digital Rights, Uncategorized

Par Emmanuel Vitus

Le Sénégal est le seul État d’Afrique occidentale, îles exceptées, à ne pas avoir subi de coup d’état depuis son indépendance, en 1960. La transparence et stabilité qui ont toujours marqué les échéances électorales ont contribué à faire du pays un exemple régional. Mais le prochain scrutin présidentiel s’annonce dans un climat tendu caractérisé par la montée en puissance des «Fake News» et des discours de haine en ligne.

Alors que la campagne électorale a débuté depuis une semaine, sur les réseaux sociaux, les campagnes de dénigrements et de désinformations sont au firmament. Pour contrer le phénomène, le gouvernement a annoncé l’adoption de nouvelles dispositions contre la diffusion des «Fake news» et des discours de haine sur internet.

Mais déjà, plusieurs voix s’élèvent aussi bien dans la société civile que du côté de la presse.

Même s’ils reconnaissent de façon unanime l’urgence de mettre un terme à l’hémorragie des «Fake news», les professionnels des médias craignent que la nouvelle loi à adopter ne restreigne l’espace de la liberté d’expression ou ne soit instrumentalisée par les pouvoirs publics pour museler la presse.

Aussi, plusieurs tribunes ont été commises par des journalistes sénégalais pour alerter l’opinion sur les risques de censures et d’extrapolation des accusations de «Fake News» que les pouvoirs publics pourraient porter contre tout Sénégalais dès que leurs intérêts seront menacés.

Peine d’emprisonnement

Du point de vue juridique, c’est l’article 255 du code pénal qui réprime la diffusion des «Fake news» au Sénégal. La disposition punit d’une peine d’emprisonnement de trois (3) ans et d’une amende de 100000 à 1500000 FCFA la «publication, diffusion, divulgation ou reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers (…) lorsque la publication faite ou non de mauvaise foi, aura entraîné la désobéissance aux lois du pays ou porté atteinte au moral de la population, ou jeté le discrédit sur les institutions publiques ou leur fonctionnement».

Selon la loi sénégalaise, en cas de diffusion de «Fake news», le mandat de dépôt est obligatoire (art 139). De même, les auteurs pourraient être frappés d’une interdiction de séjour sur le sol sénégalais durant cinq (05) ans au plus.   

Article 27, l’épée de Damoclès

Bien que le gouvernement ait annoncé à plusieurs reprises ne pas vouloir entraver la liberté des Sénégalais, l’article 27 d’un projet de loi portant «Code des communications électroniques», déjà adopté en conseil des ministres le 6 juin 2018, laisse des doutes sur la sincérité des engagements du pouvoir public à laisser l’internet ouvert lors du prochain scrutin.

Dans un de ses alinéas, il stipule, entre autres, que «l’Autorité de régulation peut autoriser ou imposer toute mesure de gestion du trafic qu’elle juge utile pour, notamment préserver la concurrence dans le secteur des communications électroniques et veiller au traitement équitable de services similaires».

Cette clause selon la société civile, témoigne à suffisance de la volonté des autorités étatiques de livrer les Sénégalais au diktat du régulateur et des opérateurs lors du prochain scrutin.

Perte évaluée à 3 milliards

Si le gouvernement de Macky Sall venait à couper l’internet le 24 février prochain, près de 10 millions d’internautes seront déconnectés du monde sans compter les conséquences sur la vie socio-économique du pays.

Une journée de coupure d’internet au Sénégal coûtera environ 5849015 dollars US soit environ 3370101532 CFA par jour selon les estimations de Netblocks, une plate-forme qui évalue l’impact économique des coupures d’internet à travers le monde. C’est un minimum parce que l’estimation ne comprend pas les paiements mobiles, les transactions du secteur informel et les recettes fiscales.

Une probable coupure constitue un danger pour le développement de l’économie numérique pour la jeunesse de ce pays en particulier. Cette jeunesse ambitieuse, en quête de revenus qui s’activent dans l’entrepreneuriat numérique.

Aussi, une éventuelle coupure constituerait un frein au développement de toutes les entreprises sénégalaises et couches sociales qui dépendent du numérique.  

Vivement que le Sénégal, reconnu mondialement pour ces politiques progressives, maintienne l’internet ouvert lors du prochain scrutin pour l’intérêt de ses 16 millions d’habitants, car la liberté d’expression et de communication est une liberté fondamentale pour toute démocratie.

 

Emmanuel Vitus est membre de Google Policy chez Paradigm Initiative.

Digital rights are human rights, even during elections

By | Advocacy, Digital Rights, Uncategorized

By Babatunde Okunoye

In the context of Africa’s socio-economic challenges, elections are a high stakes process where heinous atrocities have been committed. The list includes mass killings, abductions, rape, arson and assassination. At the onset of the digital age, as the power of digital media became apparent by events such as the Arab Spring uprisings, the free flow of information during elections has also come under attack.

In Africa, Internet shutdowns or even limited social media blackouts have mainly occurred around elections or other political events. And we don’t need to look far behind to learn how, because in 2019 already we’ve had Internet shutdowns or social media shutdowns in Congo DRC, Chad, Sudan, Gabon and Zimbabwe – all politically motivated.

In Nigeria, we say ‘’there is no smoke without fire’’. When a few weeks ago the Nigerian Guardian, perhaps Nigeria’s most authoritative news source carried a report citing fears of an Internet shutdown in the country implemented by the government, there was clear concern among civil society activists. Hence our relief was palpable when the government later came out to deny such plans. We hope they keep to their word, unlike the authorities in Zimbabwe did after similar assurances. (See tips here to stay online in the event of internet restriction) 

As Nigeria chooses its President and other national leaders starting this Saturday, we urge the authorities to recall that elections are servants of national development. They serve as a vehicle to usher in new leaders and drivers of development for a nation. Their coming must never be heralded by the dark episode of an Internet disruption.

Internet shutdowns are human rights violations. They do not serve the purpose for which they’re implemented – usually to avoid the spread of violence or other trouble. Rather, the information blackout they occasion can be deadly in numerous humanitarian situations such as emergencies. As we all go out to vote to start on Saturday, we urge our leaders to also vote to keep the Internet on.

 

Babatunde Okunoye leads research at Paradigm Initiative. 

 

  

 

Paradigm Initiative Celebrates Safer Internet Day

By | Advocacy, Press Release

As the world commemorates the 2019 Safer Internet Day, Paradigm Initiative has urged Nigerians to adopt safer internet practices. The pan-African digital rights and inclusion advocacy organisation made this call at a media parley held Monday, February 4, at its office in Lagos.

 

According to Sodiq Alabi, the organisation’s Communications Officer, “The Safer Internet Day is a day set aside to raise awareness of emerging online issues, and leverage this to help improve the safety of internet users, especially children and youth. Paradigm Initiative has been empowering youth with digital skills in Nigeria for over a decade, and we have always been conscious of the need to train internet users on the responsible use of the tool.”

 

The organisation has embarked on a digital literacy campaign targeted at young people in Abia, Lagos and Kano, the three states where it currently runs training centres dedicated to information and communication technology skills acquisition among underserved youth.

 

The digital literacy campaign includes classes on digital security for youth, media outreach and roadshows. The campaign is aimed at encouraging internet users in the country to make positive use of the Internet.

 

According to Tosin Abolaji, Paradigm Initiative Digital Inclusion Program Manager, “This is a crucial time to embark on this campaign as Nigeria heads to the polls in a matter of days. Young people are especially impressionable. We want them to recognize that issues of false news, hate speech and cyber harassment are phenomena that can negatively affect peace and security, but also the integrity of an election.  We believe internet users education is one of the ways to combat these phenomena.”

 

“Our message to youth is to be more discerning in how they consume content on social media and other platforms. That something is online does not make it true. We encourage all users to acquire fact-checking skills so they don’t fall prey to misinformation campaigns and they don’t themselves unwittingly spread misinformation,” Abolaji added.

Le Collectif tous pour All For Digital Rights Cameroon

By | Advocacy, ICT Policy, Internet Freedom

Le Collectif tous pour All For Digital Rights Cameroon a organisé à Yaoundé au Cameroun le 20 octobre 2018, une session d’information sur les droits numériques. Cette session d’information intervient au lendemain de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

La session de formation a été principalement animé par Rigobert Kenmogne, Google Policy Fellow, par ailleurs point focal de Paradigm Initiative au Cameroun et Afrique francophone. Il a d’abord présenté les activités de Paradigm Initiative au Cameroun ces derniers mois avant d’échanger avec les participants sur les « instruments et les acteurs des droits numériques du pays ». On retient dans sa communication que le Cameroun a connu trois périodes importantes pour son développement numérique, avec des instruments politico juridiques qui interagissent entre cinq parties prenantes à savoir le gouvernement, la société civile, le secteur privé, les communautés techniques et les organisations internationales. A ces parties prenantes s’ajoutent des acteurs multiformes.

L’intérêt de cette session d’information a été aussi celui de présenter le paysage juridique et législatif dans lequel le consommateur Camerounais jouit du service Internet. Une action s’inscrit dans la dynamique d’un plaidoyer devant aboutir à l’adoption d’un texte de lois plus spécifique sur les droits numériques, donc l’usage fait déjà partir du quotidien des Camerounais.

Ce projet fait partie des activités financées par Internews au Cameroun avec le soutien technique de Afroleadership est le résultat des séries formations menées par Paradigm Initiative au Cameroun en 2018. Les acteurs de la société civile actifs sur des questions numériques travaillent aussi pour faire asseoir une coalition capable de répondre aux préoccupations liées aux droits numériques.

Le chef du projet Ernest Yene, a salué la participation des journalistes, des webactivistes et autres utilisateurs des TIC. Une reconnaissance aussi à l’endroits des ONG qui travaillent pour la promotion des droits numériques au Cameroun

Bloggers, Rights Advocates Deplore Bloggers’ License Fee

By | Advocacy, ICT Policy

Tanzanian bloggers and digital rights advocates have condemned the recently introduced license fee for bloggers in the country. They made this call at a dinner organized by Paradigm Initiative in collaboration with  Article 19 and HIVOS  in Dar es Salam, Tanzania. Attendees at the July 9 dinner included a pool of local bloggers, lawyers, civil society organizations, the Dutch embassy, technical community, and media.

 

According to Wathagi Ndungu, Paradigm Initiative’s Google  Policy Fellow, “the purpose of the dinner was to discuss the effects of the Electronic and Postal Communications Regulations 2018 that placed a requirement on bloggers and any other Internet-based service to share the names of their shareholders, their details, their approximate cost of investment, tax clearance certifications, pay slightly more than 900 USD in fees that includes an initial application fee, a licence fee and a renewable licence fee after 3 years and a lot more.”

 

‘Gbenga Sesan, Paradigm Initiative’s Executive Director and Sylvia Musalagani of Hivos led an interactive discussion with the participants.

 

Wilfred Warioba from the Commission for Human Rights and Good Governance said “The new legislation is a tool that has been created to protect certain institutions. There is no room for these bloggers and online content creators to excel unless they touch on certain interests. This is a denial of the right to access to information but nonetheless, there is room for negotiation now that we are in the courts”

 

“You don’t have to be journalists to write and share any information. This new law denies new people space for innovation. Innovation through media is being stopped so how are we going to innovate through media if we are being stifled. On the economic front, it stifles the rights of the young people who have no resources but want to express themselves,” said a blogger at the dinner.

 

‘Gbenga Sesan also encouraged attendees to deliberate on the way forward in the fight against the license fee.

 

“What shall we do? What needs to be done? We should be able to have conversations around it. This is not just for bloggers. How do we let people know about this? The policy is for everyone. When an idea comes to you and you need help to you we are here to help. We always know someone who can hold hands. Let’s work together.” Sesan said.

 

Henry Maina, the regional director of Article 19 said, “Think about the reactive work e.g. where government and other actors have been ahead of us and we need to play catch up. We need the right people in the right spaces in order to move government on certain laws. It’s important to create standards because as specialists we cannot remain casual.”

 

Sylvia Musalangi of Hivos added, “We need to have more conversations on this. We need to get more voices. There is an issue on capacity in understanding the issues around this.”

 

It was agreed among all in attendance that it was vital to take immediate action and that it was paramount that all stakeholders have long-term conversations.

Freedom of expression online threatened in Tanzania

By | Advocacy, Internet Freedom

On the Monday of 11th June 2018, the Tanzanian government tightened its grip on free speech by ordering the immediate suspension of unregistered blogging sites and other online fora. Failure to suspend would lead to prosecution under Tanzania’s criminal law, forewarned the Tanzania Communications Regulatory Authority (TCRA). The authority went ahead to explain that this move was in a bid to solve computer misuses such as hate speech, pornography, and online bullying.

Violators of the regulation will find themselves liable to paying a fine of at least five million Tanzania Shillings (2200 USD), serving a 12-month jail term or to both. This is in a bid to enforce the March Electronic and Postal Communications Regulations 2018 that requires bloggers and any other Internet-based service to reveal the names of their shareholders, their details, their approximate cost of investment, tax clearance certifications, pay slightly more than 900 USD in fees that includes an initial application fee, a licence fee and a renewable licence fee after 3 years and a lot more.

It is evident that this regulation only aims further stifle the already tight freedom of expression of the Internet in Tanzania. A popular site Jamiiforums  that is known to be used to expose unethical information on matters concerning the country continues to fight it out in court on grounds on infringement of the right to privacy of the freedom of expression. The appellate court is to rule on the freedom of expression in Tanzania but the most recent ruling was in the government’s favor.

Tanzania’s civil society  organizations have argued that “The law is part of a crackdown on dissent and free speech by the government of President John Magufuli, who was elected in 2015”

The government of Tanzania is defying International, regional and national regulation with the legislation. It is evident that they have forgotten that, “ the same rights people have offline must also be protected online,” as provided in Article 19 of the Universal Declaration of Human Rights-In this case the universal freedom of expression.

The exorbitant fees will only seek to ensure that bloggers from the lower end of the economic spectrum are off the net, taking away their source of livelihood and freedom of speech.

We urge that the government of Tanzania and president Magufuli recall this legislation as it grossly contributes towards the abuse of numerous human rights. We are calling on Tanzania to keep the Internet open and free.

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