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Internet Freedom

Le Bénin à l’épreuve de la démocratie, les leçons de la répression numérique  

By | ICT Policy, Internet Freedom

Auteur: Emmanuel Vitus

Dimanche 28 avril 2019, les Béninois étaient convoqués aux urnes pour désigner leurs parlementaires. Le scrutin s’est déroulé dans un climat de tension, car le 05 mars 2019, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) avait invalidé les dossiers de candidature de tous les partis politiques de l’opposition sauf le Bloc Républicain et le l’Union Progressiste, deux regroupements politiques proches du président Patrice Talon.

Pour la première fois depuis 1990, le Bénin a organisé une élection sans l’opposition. Et pourtant le pays est considéré comme le champion de l’alternance politique et de la démocratie en Afrique de l’Ouest. Les manifestations des partis politiques de l’opposition pour un report des législatives du 28 avril n’ont pas fait fléchir les autorités béninoises. Il est reproché aux partis politiques de l’opposition de n’avoir pas répondu aux exigences du nouveau code électoral.

À ce climat de tension, s’est ajouté dans la journée du 28 avril 2019, la coupure de l’Internet. En effet à partir de 1h du matin, les internautes avaient du mal à se connecter aux réseaux sociaux Facebook et Twitter notamment. L’internet mobile sera complètement coupé par la suite et ne sera rétabli que le lendemain.

Pour l’heure, les autorités béninoises n’ont donné aucune explication à cette situation, mais dans la presse locale béninoise, on évoque, des mesures préventives « pour éviter des appels à la violence le jour du scrutin législatif. »

L’opérateur de téléphonie mobile, MTN Bénin, reconnaît de son côté la coupure de l’Internet dans la journée du 28 avril tout en déclinant sa responsabilité.

« Effectivement, nous avons opt connu des soucis concernant la connexion Internet dans la journée d’hier. (…) Toutefois, le souci était indépendant de notre volonté », peut-on lire sur le compte Twitter du fournisseur d’accès Internet.

Un test pour la démocratie béninoise

Avec plus d’une dizaine de fournisseurs d’accès Internet, le Bénin fait partie des bons élèves en matière de démocratisation de l’internet. En 2017, l’Alliance pour l’Internet abordable (A4AI) a classé le Bénin parmi les 10 pays du continent africain à avoir un accès facile à l’Internet.

Selon A4AI, cette hausse est due non pas à la mise en place d’une réforme majeure unique, mais au simple fait, par exemple, que le régulateur donne plus d’informations sur les règlements et décisions, sur la transparence des tarifs.

Et pourtant depuis 2018, les autorités béninoises prennent des décisions qui restreignent la liberté d’expression sur Internet. Le 25 juillet 2018, le gouvernement a pris un décret portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public.

Concrètement, il s’agit d’une taxe de 5 FCFA par mégaoctet pour l’accès aux services over-the-top (OTT). Les services OTT (ou services de contournement en français), sont l’ensemble des services qui permettent de transporter des flux audio, vidéo ou des données Internet sur les réseaux Facebook, WhatsApp, Viber, Skype et autres, sans l’intervention d’un opérateur de téléphonie traditionnel.

« Le coût change pour les réseaux sociaux et pour des usages ludiques. Vous téléchargez de la musique, un film, vous faites des transferts d’images qui critiquent le gouvernement (…) vous payez le prix qui est légèrement plus fort », avait soutenu Romuald Wadagni, ministre de l’Économie, des Finances et des Programmes de dénationalisation du Bénin.

Face à la colère des internautes, le gouvernement est revenu sur sa décision le 22 septembre 2019. Il explique ce rétropédalage par plusieurs raisons notamment, « les perturbations techniques (…) la rupture de l’économie globale du secteur, au détriment des consommateurs, en particulier les plus modestes et l’entrave à “la démocratisation de l’Internet”.

Naissance du Web-activisme

La coupure d’internet le 28 avril 2019, a cristallisé la colère des internautes, des organisations de la société civile et de la communauté internationale.

Ramanou Biaou, le président du chapitre béninois de Internet Society (ISOC Bénin) dans un entretien accordé à la chaîne étatique allemande Deutsche Welle, déplore les effets néfastes de cette coupure d’internet sur les activités économiques au Bénin.

“À travers les réseaux sociaux, il y a des entreprises qui mettent sur le marché des services, des produits, des solutions. Commencer à restreindre ces réseaux sociaux, cela a forcément un impact qui va au-delà de l’aspect économique. C’est d’une façon ou d’une autre une restriction de la liberté d’expression qui a été prise contre les Béninois ce 28 avril », dénonce-t-il.

Même son de cloche chez Amnesty International. Pour l’organisation internationale de défense des droits de l’homme la décision de couper l’accès à Internet et aux réseaux sociaux le jour du scrutin est une violation directe du droit à la liberté d’expression.

‘Dans la pratique, cela réduit au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les blogueurs qui observent ces élections parlementaires contestées, sans candidats de l’opposition’, déplore François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

En 2018, la tentative de taxation de la connection aux réseaux sociaux avait contribué à la naissance d’influents web activistes. Sur Twitter, l’hastag #TaxePasMesMO avait été repris dans des milliers de tweets contraignant les autorités béninoises à revoir leur copie. Depuis dimanche, les activistes se font entendre à nouveau, cette fois avec des hastags comme #BeninShutDown, #BeninBlackout et #KeepIton en référence à la coalition de de lutte contre les coupures d’Internet à travers le monde.

Quid d’une répression numérique en Afrique Francophone ?

Si au Bénin c’est la première fois que les internautes subissent la coupure d’Internet, en Afrique francophone, la pratique devient courante. Le Tchad fait partie des pays africains qui pratiquent une censure drastique de l’Internet. Depuis un an, les Tchadiens n’ont plus normalement accès aux réseaux sociaux Facebook, Twitter et aux messageries WhatsApp et Viber.

« Cette censure est d’autant plus insupportable que les gens ne savent pas pourquoi ils n’ont plus la possibilité d’utiliser normalement les réseaux sociaux », s’indigne Julie Owono, directrice exécutive d’Internet sans frontières.

Au Cameroun, les autorités ont coupé Internet au Nord-ouest et au sud-ouest du pays en avril et octobre 2017. Ces deux régions qui réclament leur autonomie sont le théâtre de violents combats  entre les séparatistes et l’armée régulière camerounaise. Le 15 janvier, une ONG camerounaise Réseau de Défenseurs des Droits Humains de l’Afrique Centrale (Redhac) avait porté plainte contre l’État camerounais devant le Conseil constitutionnel pour le rétablissement d’Internet dans les deux régions précitées. Une plainte similaire a été portée contre les opérateurs de téléphonie mobile en RD Congo.

Début septembre, l’internet a été intentionnellement perturbé par les autorités togolaises à chaque manifestation de l’opposition politique. Les experts de Netblocks, une ONG basée à Londres estime que chaque journée sans Internet au Togo fait perdre 243 507 dollars au pays.

Parmi les mauvais élèves de la classe, figure également l’Algérie. Plusieurs cas de coupure d’internet ont été enregistrés dans le pays, mais à chaque fois, l’opérateur proche du gouvernement, Algérie Telecom, dément une coupure volontaire.

Sur le continent, d’autres pays comme le Sénégal et le Burkina Faso sont à féliciter en matière de démocratisation de l’Internet. En 2014 lors du soulèvement des Burkinabés pour exiger et obtenir le départ de l’ancien président Blaise Compaoré, aucune coupure d’Internet n’a été signalée malgré la situation politique tendue. Même tendance au Sénégal où lors de la dernière élection présidentielle tous les signaux laissaient prétendre une probable coupure.

L’espoir est permis

Les coupures sont désormais utilisées par les gouvernements comme des moyens de musellement des peuples souvent au prétexte de protéger l’ordre public et de contrôler les excès  sur les réseaux sociaux.

Au vu des tendances actuelles en Afrique Francophone, l’avenir du réseau internet reste incertain.

La situation au Cameroun, en Algérie, au Togo, en RDC et au Tchad permet d’établir un lien étroit entre les soulèvements populaires et le taux de connexion de ces pays. Ainsi, depuis le Printemps arabe, il est tentant de faire un lien direct entre la capacité d’un peuple à renverser un dictateur et le nombre de personnes connectées à Internet.

Photo Credit: RFI

Tous les régimes totalitaires ont compris donc l’importance de maîtriser le web. Bâillonner le web devient ainsi le rêve de toute dictature. Mais un rêve impossible.  Au Togo, au Benin comme partout ailleurs, les internautes déjouent la censure en passant par des proxys ou en utilisant des connexions bas débit. Des activistes proposent, eux, des passerelles fax et VPN. Des blogs expliquent également comment contourner le blocage.

Avec les élections locales, législatives et présidentielles à venir dans plusieurs pays en Afrique francophone, il est important pour les gouvernements d’ouvrir des débats multipartites sur la gestion et la gouvernance de l’Internet, car ces perturbations volontaires violent explicitement les droits humains protégés notamment par une résolution adoptée à l’unanimité le 1ᵉʳ juillet 2016 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Emmanuel Vitus est Chercheur et Google Policy Fellow chez Paradigm Initiative.

Paradigm Initiative Praises the Media for Improved Digital Rights Coverage

By | Internet Freedom, Press Release

Media coverage of issues confronting digital rights and online freedom has significantly improved over the last year as more media platforms and practitioners dedicate more attention to developments in the digital space. This is according to Paradigm Initiative, the pan-African digital rights and inclusion social enterprise.

Paradigm Initiative made this known in a press statement announcing the commencement of application for the second edition of its Digital Rights and Inclusion Media Fellowship.

Paradigm Initiative’s Communications Officer Sodiq Alabi said, “The media has become a major partner in the efforts to ensure that human rights online are protected in Africa. As media practitioners are usually victims of digital rights violations including censorship, harassment and illegal surveillance, it makes perfect sense that they are now focusing their attention on increasing awareness around digital rights and holding governments and businesses accountable. ”

Paradigm Initiative further emphasised the need for improved synergy between digital rights advocates and the media to ensure human rights online are well protected by the law, and violations do not go unreported.

“The Media Fellowship is part of our effort to ensure this synergy is groomed and nurtured. The Fellowship is, therefore, a 4-month program designed to immerse outstanding, early career, journalists in digital rights and digital inclusion advocacy – and intervention efforts – in Africa. This way, we help improve the quality of reporting on digital rights and inclusion by improving the expertise of reporters who cover the beat,” Alabi said.

Meanwhile, the 7th Digital Rights and Inclusion Forum is scheduled to hold in Lagos. Convened by Paradigm Initiative, the Forum will host some 300 delegates from across Africa and the world. The delegates will, between April 23 and 25, assess the state of digital rights and inclusion in Africa with the aim of finding solutions to identified challenges.

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For more information on this statement, please send a mail to media@paradigmhq.org

On Zimbabwe’s Approval of a Cybercrime and Cybersecurity Bill

By | Digital Rights, Internet Freedom

The government of Zimbabwe has approved the Cybercrime and Cybersecurity Bill of 2017 according to IT Web Africa . The Bill which has been under review for over two years is a merger of three draft Bills, namely the Data Protection Bill, the Electronic Transactions and Electronic Commerce Bill, and the Computer Crime and Cybercrimes Bill.

Coincidentally, the legislation’s approval comes a few weeks after an internet shutdown was experienced during January 2019 public protests over rising fuel and other commodity prices. While many factions challenged the legality of using the Interception of Communications Act 2017 to effect the internet blockage, the Cybercrime and Cybersecurity Bill was met with similar criticisms. Critics have pointed out its inability to appeal to a wider purpose other than criminalisation of cybercrimes and computer crimes, without giving provision for the protection of fundamental human rights and freedoms.

The move to approve the Bill is widely viewed as a means, by the government of Zimbabwe, to fast track laws that will stifle freedom of expression, access to information, promote interference of private communications and data, and in severe cases, search and seizure of private devices.

Paradigm Initiative agrees with the position of the Zimbabwe Democratic Institute that the crafting of the Bill was driven by government’s fear of citizen power and its will to protect itself from civic pressure unveiled by unrestrained internet freedoms rather than the need to improve citizen’s security online.

The internet in Zimbabwe has played a critical role in mobilizing people for demonstrations calling for democracy, justice and accountability. If the law comes into effect, people will face up to 5 years in prison, a fine or both for inciting violence using social media pages. In January 2019, activist and Pastor Evan Mawarire was detained for two weeks for encouraging citizens to turn up in large numbers to participate in a planned peaceful protest using a YouTube video.

The Cybercrime and Cybersecurity  Bill which aims to address ‘cybercrime and increase cybersecurity in order to build confidence and trust in the secure use of ICTs’, will also facilitate the establishment of a Cyber Security Committee. The multi-stakeholder committee will act as a policy advisory body and as a national contact on cybersecurity issues.

Zimbabwe has been a hotbed for internet related disruptions and arrests in Southern Africa, with a record of multiple social media blocks and a total internet shutdown in 2016 and 2019 respectively.  The Deputy Minister of Information, Publicity and Broadcasting Services defended the country’s recent internet blockage stating that he would not hesitate to shut down the internet again.

There has been no official communication from the Ministry of Information Communication Technology, Postal and Courier Services regarding the Bills approval and the official document has not been made available to the public as of publishing this article. Paradigm Initiative calls on the government to cease all attacks on digital rights.

La société civile s’inquiète des perturbations persistantes de Internet au Tchad

By | ICT Policy, Internet Freedom

La société civile s’inquiète des perturbations persistantes de Internet au Tchad

République du Tchad,
Gouvernement de la République du Tchad,

Nous, Organisations signataires, sommes profondément préoccupées par les multiples perturbations des services Internet au Tchad.

En effet, le 25 janvier 2018, les autorités tchadiennes ont arrêté Internet avant les manifestations prévues par des groupes de la société civile et des syndicats du pays. Depuis mars 2018, les communications électroniques ont été fortement perturbées, ce qui a eu des conséquences sur la vie sociale des Tchadiens. Les interruptions des médias sociaux telles que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype ont été régulières et visent à entraver les communications entre les personnes et à limiter la liberté d’expression. En outre, en cas d’interruption de l’Internet, les journalistes et les utilisateurs des médias ne peuvent pas communiquer avec les sources et recueillir des informations sans les outils de communication numérique.

Les signataires de cette déclaration condamnent fermement le blocage continu, volontaire ou involontaire d’Internet au Tchad; rappelle au gouvernement tchadien que de tels actes violent les dispositions pertinentes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme(DUDH), du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), du Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (PIDESC), de la Charte des Droits de l’Homme et des Peuples (Charte africaine), de la Déclaration des Principes sur la Liberté d’Expression en Afrique et d’autres lois dont le gouvernement tchadien est signataire et partie. Les fermetures d’Internet entraînent également des pertes économiques pour l’économie locale, perturbant les entreprises et d’autres activités commerciales. Selon NetBlocks, une plate-forme qui évalue l’impact économique des fermetures d’Internet, le coût d’une journée de fermeture d’Internet au Tchad est estimé à 694 589 dollars US. C’est donc un meilleur intérêt pour les Tchadiens et le gouvernement Tchadiens de garder Internet ouvert, afin d’éviter une hémorragie de sa propre économie et de protéger les libertés civiles.

Les signataires de cette déclaration demandent au gouvernement tchadien de :

i) rétablir immédiatement tous les réseaux de communication sur l’ensemble du territoire national, tout en modernisant l’infrastructure de télécommunication pour un service Internet à faible coût ;

(ii) respecter les droits numériques des utilisateurs d’Internet dans le pays ;

(iii) reconnaître la résolution des Nations Unies sur la Promotion, la Protection et la Jouissance des Droits de l’Homme sur Internet A / HRC / 32 / L.20 ;

(iv) s’engager à respecter la résolution 362 (LIX) 2016 de la Commission africaine sur le “droit à la liberté d’expression et d’information sur Internet en Afrique » ;

(v) respecter le contenu et l’esprit de la Déclaration africaine des droits de l’Internet et des libertés ;

(vi) respecter les principes de la gouvernance de l’Internet et du contrat pour le Web ;

(vii) renforcer la promotion et faciliter l’accès illimité à Internet pour assurer le développement économique du pays ;

(viii) réduire les prix exorbitants des communications électroniques ;

(ix) respecter les normes internationales sur les droits humains en ligne et hors ligne.

Les signataires demandent enfin au gouvernement tchadien de mettre fin à toutes les violations des droits numériques dans le pays, de continuer à rendre Internet accessible de manière continue et de ne pas porter atteinte aux droits des citoyens tout en réparant les dommages causés aux utilisateurs d’Internet.

 

Les signataires

Paradigm Initiative

The NetBlocks Group

AccessNow

Internet Sans Frontières

CIPESA

OpenNetAfrica

Rudi International (DRC)

PEN America

Electronic Frontier Foundation

Sassoufit Collective

PACT (Projet pour une Alternance Crédible au Tchad)

League of African Bloggers and Cyber-activists for Democracy – AFRICTIVISTES

Open Net Korea

INTIC4DEV

The World Wide Web Foundation

The Alliance for Affordable Internet (A4AI)  

AfroLeadership

Rwanda Youth Clubs for Peace Organization

Senegalese Association of ICT Users (ASUTIC)

AFROTRIBUNE (Togo)

 

 

Lagos, 18 janvier 2019

Le Collectif tous pour All For Digital Rights Cameroon

By | Advocacy, ICT Policy, Internet Freedom

Le Collectif tous pour All For Digital Rights Cameroon a organisé à Yaoundé au Cameroun le 20 octobre 2018, une session d’information sur les droits numériques. Cette session d’information intervient au lendemain de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018.

La session de formation a été principalement animé par Rigobert Kenmogne, Google Policy Fellow, par ailleurs point focal de Paradigm Initiative au Cameroun et Afrique francophone. Il a d’abord présenté les activités de Paradigm Initiative au Cameroun ces derniers mois avant d’échanger avec les participants sur les « instruments et les acteurs des droits numériques du pays ». On retient dans sa communication que le Cameroun a connu trois périodes importantes pour son développement numérique, avec des instruments politico juridiques qui interagissent entre cinq parties prenantes à savoir le gouvernement, la société civile, le secteur privé, les communautés techniques et les organisations internationales. A ces parties prenantes s’ajoutent des acteurs multiformes.

L’intérêt de cette session d’information a été aussi celui de présenter le paysage juridique et législatif dans lequel le consommateur Camerounais jouit du service Internet. Une action s’inscrit dans la dynamique d’un plaidoyer devant aboutir à l’adoption d’un texte de lois plus spécifique sur les droits numériques, donc l’usage fait déjà partir du quotidien des Camerounais.

Ce projet fait partie des activités financées par Internews au Cameroun avec le soutien technique de Afroleadership est le résultat des séries formations menées par Paradigm Initiative au Cameroun en 2018. Les acteurs de la société civile actifs sur des questions numériques travaillent aussi pour faire asseoir une coalition capable de répondre aux préoccupations liées aux droits numériques.

Le chef du projet Ernest Yene, a salué la participation des journalistes, des webactivistes et autres utilisateurs des TIC. Une reconnaissance aussi à l’endroits des ONG qui travaillent pour la promotion des droits numériques au Cameroun

Shaping Nigeria’s Digital Future through Positive Legislation

By | Internet Freedom, Press Release

By ‘Gbenga Sesan and Mark Stephens

Nigeria stands on the cusp of great progress in the information and communication technology (ICT) sector, owing to diverse efforts by mostly youth-led entrepreneurs and collaborations. In recent years, policymakers and economic experts alike have come to appreciate this reality, looking beyond an annual budget built around oil barrels to better measure the country’s diverse economic potential. Startup hubs are sprouting up across the nation; huge investments are being made in capacity building; a critical mass of Nigerians now have access to telecommunications services, and the government is finally exploring the economic potential of the  ICT sector. These indicators position Nigeria as a possible leader of Africa’s emerging digital economy.

Nevertheless, a major obstacle remains. Around the world, the global digital economy is built upon the foundation of strong legal and policy frameworks, often grounded in international human rights law, which protects the actors within it. Individuals and organizations only thrive and invest in the digital sector when there is a legal certainty, regulatory trust, and rule of law that ensures that the rights of users are respected and that the interests of citizens, businesses, and the government in the digital age are protected.

This is not yet the case in Nigeria. Although the country’s constitution mentions certain rights, there are many laws—nominally in place to protect against legitimate concerns over cybercrime and terrorism— that are ripe for manipulation, leading to clampdowns and digital rights violations. Experience shows that the resulting uncertainty, abuses, and lack of trust will hinder innovation and experimentation by entrepreneurs, chill the critical work of journalists and advocates who use the Internet to improve government services and foster accountability and limit investment by technology platforms. The collective pushback against the proposed “Frivolous Petitions Bill” demonstrates Nigerian citizens’ recognition of such risks

But this could change with the stroke of a pen.  The Digital Rights and Freedom Bill, which was developed through deliberate, multistakeholder consultations, and has been passed by both houses of Nigeria’s Congress, provides a comprehensive legislative framework that describes and clarifies relevant obligations and responsibilities for human rights online.  Making it law will boost Nigeria’s burgeoning Internet economy, improve governance, and further Nigeria’s position as a regional and global leader in information, communications, and technology issues.

The Digital Rights and Freedom Bill addresses a range of critical digital policy issues, such as data in the cloud; surveillance and a lawful interception; data privacy; and freedom of expression online. The bill also provides for the protection of citizens from errant behaviours such as hate speech and misinformation, as defined by a competent court of law. Overall, the bill addresses key challenges, provides regulatory clarity, and safeguards users rights, all while maintaining a preference for “openness”, which the OECD and many others have noted is vital for boosting trade, enabling innovation and entrepreneurship, fostering new, creative and cost-saving business models, and enriching social well-being.

The Bill presents Nigeria with the opportunity to build an effective digital economy with a robust policy framework that protects businesses and secures human rights, complementing ongoing efforts by citizens, civil society, the private sector, government and other actors. The Digital Rights and Freedom Bill will further cement Nigeria’s reputation as a pioneer in progressive, positive legislation in a world where repression, clampdowns, violations and dangerous laws are on the rise.  We urge the national assembly to transmit the bill to President Muhammadu Buhari for his presidential assent. We also urge the President to give his assent to the bill immediately it reaches his desk.

‘Gbenga Sesan is the Executive Director of Paradigm Initiative, a social enterprise he founded in 2007 to improve livelihoods of underserved youth through provision of ICT-enabled support system and entrenchment of digital rights. 

Mark Stephens, CBE has served as the Independent Board Chair of Global Network Initiative since 2014. A partner at UK firm Howard Kennedy, Stephens has undertaken some of the most important freedom of expression and privacy cases in the United Kingdom and around the world. 

Déclaration de Paradigm Initiative sur les pertubations d’Internet au Mali

By | ICTs, Internet Freedom, Press Release

 

Les Organisations de la Société Civile au Mali sont encore profondément préoccupées par les multiples coupures d’Internet enregistrées avant et pendant les deux tours de l’élection présidentielle de 2018.

En effet le 29 Juillet 2018, jour du premier tour de l’élection présidentielle au Mali, le pays a enregistré à plusieurs reprises des coupures d’internet. Selon certains utilisateurs des TIC, l’ensemble des communications électroniques ont été perturbés pendant la période électorale.

Ces perturbations des réseaux Internet enregistrées s’ajoutent à celles de ces derniers mois dans le pays. La perturbation des médias sociaux tels que WhatsApp, Facebook, YouTube et Skype est aussi une pratique régulière utilisée par le gouvernement pour entraver la communication entre les populations en période électorale et limiter l’action des opposants.

Au regard de la situation, Paradigm Initiative ainsi que l’ensemble des organisations de la société civile rappellent au gouvernement Malien que de tels actes violent la Déclaration Universelle des Droits Humains(DUDH), les déclarations sur les libertés de l’Internet et de la Gouvernance de l’Internet de l’Union Africaine(UA).

Paradigm Initiative appelle par ailleurs le gouvernement Malien à rétablir sans délai l’ensemble des réseaux Internet de communication sur l’ensemble du territoire national, tout s’abstenant de provoquer de nouvelles perturbations dans la période postélectorale.

Paradigm Initiative demande enfin que les réclamations concernant les différentes violations des droits numériques soient réparées tout en favorisant un accès équitable au service Internet sur l’ensemble du territoire national.

‘Gbenga Sesan Calls for End to Taxes on Social Media, Blogging

By | Internet Freedom, Press Release

A digital rights expert and the Executive Director of Paradigm Initiative, ‘Gbenga Sesan has called for an end to attempts by governments in Africa to impose taxes on the digital platforms, saying such attempts are dangerous to the economic and democratic development on the continent.

Sesan made this call on Thursday at the 2018 Tanzania School of Internet Governance where he was a faculty member. It would be recalled that the Tanzanian government recently imposed a license fee of $900 on bloggers in the country, while Uganda also imposed a daily tax on the use of social media and mobile money.

“The levy imposed on digital content creators in Tanzania is not an isolated violation of digital rights but the manifestation of a trend across the continent. From Uganda’s social media tax to Cameroon’s shutdowns and Nigeria’s clampdown incidents, among others, freedom of expression online is under threat for many reasons, including the fact that digital platforms have become a major channel for citizens’ expression around governments’ poor service delivery to citizens. It is important to see these issues from the pan-African perspective as we engage with the context of our varied experiences” Sesan said.  

Sesan was a member of Nigeria’s Presidential committees on Harmonization of Information Technology, Telecommunications and Broadcasting Sectors (2006) and Roadmap for the Achievement of Accelerated Universal Broadband Infrastructure and Services Provision (2013), and is a vocal advocate for digital rights and inclusion in Africa. He took participants on “Advocacy Communications,” walking participants through the process of effective advocacy.  

For more information on this release, please send a mail to Sodiq Alabi via media@paradigmhq.org.

Digital Rights Workshop: Empowering Advocates in Cameroon

By | ICT Policy, ICTs, Internet Freedom

Paradigm Initiative in partnership with Internews, AfroLeadership, and CYEED organized a 4-day Digital Rights Workshop from the 18th day of June 2018 to the 21st June 2018 in Douala, Cameroun.

The aim of the workshop was to discuss with civil societies, government, private individuals and other stakeholders in the digital rights landscape of Cameroon and to also train participants on their Digital Rights and on advocacy. This training in June was the third training held in Cameroon as previous training had been held in both Barmenda and Yaounde.

                                      

Participants at this workshop were exposed to a variety of training and resources. While the first two days witnessed new participants, the last two days were for selected persons from groups which had already been working on projects surrounding digital rights from the last two sessions.

One of the first and basic subjects on which the participants were trained was on the topic of what Digital Rights entail, in a session tagged  ‘Digital Rights 101’ led by ‘Gbenga Sesan, Executive Director of Paradigm Initiative. Participants were trained on what internet and digital rights are, on the power of the internet, privacy surveillance, freedom of expression, opinion, association and so on.

In another more streamlined session on ICT Policy in Cameroon, the Google Policy Fellow at Paradigm Initiative, Rigobert Kenmogne treated issues like the laws and the evolution of ICT policies in Cameroon, ICT players and other factors contributing to the ICT Policy landscape in Cameroon.

The session on advocacy and communications was quite impactful as participants not only learned about strategies for advocacy but also on how to communicate a message. The participants were taught on project evaluation and monitoring, knowledge development, public speaking, creating coalitions and so on.

At the same training, a report was also presented by Adeboro Odunlami, Program Assistant (Digital Rights), Paradigm Initiative. The report embodied a case study on the digital rights situation in francophone African countries. At this session, almost all participants shared experiences on the negative effect of digital rights violation witnessed in their country. Paradigm Initiative also shared some lessons it learned from the Africa NetRights Coalition and the Digital Rights and Freedom Bill.

As the workshop progressed, participants were made to carry out practical tasks and discussions.

A session on ‘Building Trust and Relationships’ witnessed the participants answering questions such as ‘what is the current digital rights landscape in Cameroun?’, ‘where does my Organization/work fit in?’, ‘How can we all work together to make each other stronger?’ and other pertinent questions

At the end of this session, many participants revealed personal and organizational skills and resources which they’d be willing to share with other civil societies towards the goal of solving problems we had earlier identified.

For instance, a participant offered free workspace and technological support to another participant who indicated that his organization was working on a website compendium of laws and decrees of Cameroon in English and French language. Yet another participant offered free training for the Interns of participant organizations on Digital Media and Digital Rights. Another offered free social media visibility services and graphic design services. Another offered her skill to engender projects and make other Organizations’ projects more inclusive. Furthermore, another participant offered digital security training for free. There were also offers of free Newspaper pages for Advocacy materials and subsidized training on Communication, Writing Report and Press releases

Participants were also involved in other hands-on sessions where they prepared solutions to problems projected to occur at the upcoming election. Ideas/solutions presented involved building a coalition to facilitate internet access, writing open letters to the government, sensitization, and education of the electorate, managing post-election violence and so on.

                                                          

Also at the workshop, Internews shared a guideline with the participants to facilitate a better understanding of its sub-grant application process.

Elevator pitches were also facilitated by all partners at the workshop to train participants on the proper and precise communication of ideas; a much-needed skill for advocacy

More topics treated at the workshop include budget development and project management for their digital rights projects.

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