Encore une fois, le gouvernement ferme Internet en RD Congo

Par 7 janvier 2019Non classé


Les habitants de la République démocratique du Congo (RD Congo) sont à nouveau victimes d'abus sur Internet et de fermeture de la messagerie depuis le lundi 31 décembre 2018. Le groupe de défense des droits numériques, Paradigm Initiative, a condamné cette action et a appelé le gouvernement congolais à renoncer à empiéter sur le droits numériques de ses citoyens. Ceci est contenu dans une déclaration signée par la responsable des communications de l'organisation, Sodiq Alabi.

Les fournisseurs de services Internet du pays ont informé les clients des services de télécommunication dans le pays par le message suivant: «Cher client, à la demande du gouvernement, nos services Internet sont suspendus pour une durée indéterminée.» Les communications par SMS ont également été interrompues. .  

Selon le gouvernement, les communications et Internet ont été coupés pour empêcher la propagation de résultats fictifs et préserver la sécurité nationale à la suite des élections présidentielle et législative dans le pays.

Pour les candidats de l'opposition et les dirigeants de la société civile, cette nouvelle fermeture d'Internet par le gouvernement est inacceptable et contribue à à l'affaiblissement du processus électoral. Pour le porte-parole du candidat à l'élection présidentielle congolaise, Martin Fayulu, «la coupure d'Internet prouve que tout est mis en place pour torpiller le processus». Cette fermeture d'Internet s'ajoute aux autres interruptions enregistrées dans le pays depuis près de trois ans.

En effet, le 22 février 2018, le gouvernement congolais a annoncé dans une déclaration que les services Internet seraient coupés pendant trois jours dans tout le pays. Cette action visait à étouffer un appel à la protestation de groupes militants.

Le 21 janvier 2018, lorsque les dirigeants de l'église catholique ont appelé à des manifestations pacifiques contre le régime du président Joseph Kabila, âgé de 17 ans, un nouvel arrêt d'Internet a eu lieu, pour une durée d'environ 48 heures.

Le 30 décembre 2017, une lettre du ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Information, adressée au directeur général d'AFRICELL Congo, lui demandait de suspendre totalement les fournitures Internet dans le pays et les communications par SMS. Ces trois jours d'arrêt d'Internet visaient toujours à étouffer les manifestations de l'opposition.

La RD Congo compte plus de 83 millions d'habitants avec un taux de pénétration d'Internet d'environ 15% et se présente comme un pays où les droits numériques sont sérieusement menacés. Les pertes financières associées aux coupures multiples sur Internet sont estimées à plusieurs millions de dollars par jour.

Compte tenu de tout ce qui précède, Paradigm Initiative condamne fermement cette fermeture Internet orchestrée par le gouvernement, susceptible de discréditer le processus électoral, et rappelle que les coupures Internet sont une violation flagrante des droits et libertés d'expression numériques garantis par les textes de loi et les normes internationales.

Paradigm Initiative appelle le gouvernement de la RDC à respecter ses obligations internationales en matière de gouvernance de l'Internet et de respect des droits de l'homme, et à rétablir Internet et tous les services de communication le plus rapidement possible dans toutes les régions du pays.

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