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Avr 21

2026

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[Communiqué de presse] Rapport Londa 2025 : les gagnants et les perdants du dernier classement africain sur les droits numériques dévoilés

L’Afrique du Sud conserve pour la deuxième fois consécutive sa place de premier pays africain en matière de respect des droits numériques. Elle est suivie par le Ghana, la Namibie, le Sénégal, l’Égypte, la Zambie, le Kenya, le Rwanda, le Malawi et le Nigeria. Ces résultats ont été dévoilés lors du Forum sur les droits et l’inclusion numériques (DRIF26), qui vient de s’achever à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où le Rapport Londa 2025 sur l’état des droits numériques en Afrique a été officiellement présenté. Ce rapport propose une évaluation complète et fondée sur des données des libertés sur Internet, des environnements politiques et des risques émergents en matière de droits numériques à travers le continent. Il fournit un état des lieux annuel des progrès et des reculs en matière de protection des droits numériques, s’appuyant sur des recherches approfondies au niveau national et sur la participation des parties prenantes.

L’un des éléments centraux du rapport est l’indice de notation des droits numériques, qui classe les pays africains en fonction de leurs performances selon des indicateurs clés, notamment l’accès à l’information, la liberté d’expression, la protection de la vie privée et l’inclusion numérique. Dans l’édition de cette année, l’Afrique du Sud a conservé sa place de pays le mieux classé, ce qui reflète la solidité relative de son cadre en matière de droits numériques, tandis que l’indice dans son ensemble met en évidence à la fois les domaines à améliorer et les défis structurels persistants dans toute la région. Les pays qui ont le plus progressé dans le classement sont le Botswana et l’Égypte, qui ont tous deux gagné plus de neuf places. Cela contraste fortement avec des pays comme le Nigeria et le Cameroun, qui ont respectivement perdu cinq et dix places. D’autre part, le Mozambique, la République démocratique du Congo et le Soudan ont tous reculé dans le classement, se plaçant parmi les cinq derniers de la liste.

La présentation du rapport Londa lors de ce forum de trois jours s’inscrivait dans une série de publications stratégiques mettant en lumière les liens entre la recherche, le plaidoyer et l’innovation numérique au sein de l’écosystème africain des droits numériques. Parmi celles-ci figuraient le lancement de la plateforme Digital Rights On-Demand Learning (DROL), qui propose des cours gratuits sur les droits numériques et l’inclusion afin de sensibiliser le public, ainsi que la publication d’un rapport de recherche intitulé Africa Facing Down: Disinformation, qui fournit des évaluations factuelles de la désinformation et de son impact sur l’écosystème de l’information dans six pays africains : le Bénin, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal. Parmi les principales conclusions figurent les attaques contre des informations factuellement exactes s’inscrivant dans un ensemble de discours qui privilégient les appels aux émotions et aux identités, le recours à la désinformation par certains influenceurs et militants en ligne jouant le rôle de leaders d’opinion, ainsi que différentes formes d’implication dans la désinformation liées à l’âge, au genre et à la répartition rurale/urbaine de la population.

Le DRIF26 a également été l’occasion de la première du sixième court-métrage de Paradigm Initiative, intitulé « The Signal », qui met en lumière les dangers de l’exclusion et du manque d’accès à Internet, ainsi que leurs répercussions, en particulier sur les personnes vulnérables des communautés rurales.

S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du DRIF26, ‘Gbenga Sesan, directeur exécutif de Paradigm Initiative, a souligné que le Forum était l’occasion d’une introspection pour toutes les parties prenantes qui s’efforcent de bâtir un avenir numérique inclusif et résilient. « La force d’une société se mesure à la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pourtant, en matière d’inclusion, nous devons reconnaître que beaucoup ont été laissés pour compte. En tant que communauté et en tant que continent, nous devons rester résilients. Nous devons continuellement évaluer où nous en sommes, car nous supposons trop souvent que des progrès ont été réalisés sans vraiment les mesurer. Ce n’est qu’à travers une évaluation honnête et des données factuelles que nous pouvons identifier les lacunes et, surtout, prendre des mesures concrètes pour les combler. Telle est la responsabilité que nous assumons à l’issue de ce Forum », a déclaré ‘Gbenga.

Toujours lors de la cérémonie d’ouverture, Nnenna Nwakanma, spécialiste de la gouvernance de l’Internet, a évoqué la nécessité de passer de la simple élaboration de cadres à leur mise en œuvre et à leur adaptation aux réalités quotidiennes des Africains. Bahaa El-Taweal, responsable des politiques mondiales au sein de l’équipe des droits de l’homme de Google, a mis en avant les grands principes directeurs de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme et la nécessité pour les pays de surmonter les obstacles au développement et à la pérennisation des infrastructures publiques numériques.

Meseret Melat Fassil, juriste à l’Union africaine (UA), a rappelé aux délégués la Convention de Malabo, entrée en vigueur en 2023, près d’une décennie après avoir été adoptée. Soulignant les défis rencontrés dans la mise en œuvre des dispositions de la Convention, elle a expliqué que cela ne faisait que renforcer la nécessité d’un accès à la technologie et de l’inclusion sur l’ensemble du continent africain.

Le DRIF26 a réuni 415 participants sur place, proposé 112 sessions et enregistré plus de 1 000 interactions sur la plateforme de gestion d’événements en ligne au cours de ces trois jours. Dans l’ensemble, le lancement du rapport Londa, la présentation de la plateforme DROL et la première de The Signal reflètent un engagement plus large au sein de la communauté des droits numériques à aller au-delà de la simple analyse, pour créer des outils pratiques, des récits et des bases factuelles susceptibles d’éclairer les politiques, de renforcer le plaidoyer et de soutenir un avenir numérique plus ouvert, plus sûr et plus inclusif à travers l’Afrique.

L’édition 2027 du Forum se tiendra au Nigeria du 13 au 15 avril 2026.

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