L’organisation panafricaine Paradigm Initiative (PIN) a publié son rapport d’impact annuel 2025, qui met en avant une année marquée par des résultats exceptionnels et un impact durable dans le cadre de ses initiatives en faveur des droits numériques et de l’inclusion numérique en Afrique et dans les pays du Sud. En interne, l’année 2025 a été marquée par une audience médiatique consolidée de 3,07 milliards de personnes, une portée en matière d’inclusion numérique de 1 830 personnes à travers cinq initiatives clés, la formation de 282 parties prenantes dans le cadre d’actions en matière de droit numérique, 55 événements enregistrés, 11 litiges stratégiques, dont un jugement historique en matière de protection de la vie privée. Grâce à son programme « Life Skills, ICTs, Financial Literacy and Entrepreneurship » (LIFE), PIN a dispensé des formations en littératie numérique et en compétences dans 13 pays africains, dont le Cameroun, le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. L’initiative s’adressait aux jeunes, aux femmes, aux éducateurs et aux communautés défavorisées, renforçant ainsi les compétences numériques, la préparation à l’emploi et la sensibilisation aux droits en ligne.
Par ailleurs, PIN a formé plus de 250 juges, procureurs et agents des forces de l’ordre au Ghana, au Nigeria et en Zambie dans le cadre de son programme « Stemming the Tides of Abuse in Nigeria’s Digital System » (STANDS) et des formations connexes sur le droit numérique, contribuant ainsi à une évolution rapide des pratiques en matière de jugement et d’application de la loi. Ces chiffres reflètent le renforcement des systèmes opérationnels de l’organisation et la cohérence de ses actions dans les domaines de la recherche, du plaidoyer, des litiges stratégiques, des réunions et des programmes d’inclusion numérique, au cours d’une année marquée par des contraintes budgétaires et un besoin sans cesse croissant d’interventions en matière de droits numériques.
« Même si l’année 2025 a mis cette conviction à l’épreuve avec les menaces qui l’ont accompagnée, l’expansion numérique s’est poursuivie à un rythme soutenu… 2025 a également été une année qui nous a rappelé ce qu’il est possible de réaliser lorsque les gens s’engagent à bien accomplir un travail indispensable », a déclaré ‘Gbenga Sesan, directeur exécutif de l’organisation.
Dans ce contexte, le rapport examine les tendances générales observées à l’échelle sectorielle en Afrique et dans les pays du Sud, mettant en évidence un fossé grandissant entre l’expansion rapide du numérique et la protection des droits humains, ce qui porte atteinte à la vie privée, à la liberté d’expression et à la participation civique. Selon le rapport, l’année 2025 a été marquée par une multiplication des lois vagues en matière de cybercriminalité et de cybersécurité, augmentant ainsi les risques de surveillance, de censure et de mesures coercitives disproportionnées. Dans le même temps, les coupures d’Internet, le harcèlement en ligne et les restrictions imposées aux plateformes ont continué de perturber l’espace civique, en particulier pendant les élections et les périodes de tension politique.
« Les gouvernements ont accéléré le déploiement des infrastructures numériques tout en négligeant, dans de trop nombreux cas, les cadres juridiques en matière de droits qui devraient les régir. De nouvelles lois sur la cybercriminalité ont été adoptées en catimini. Les coupures d’Internet ont été utilisées comme des outils de convenance politique. Les journalistes, les défenseurs des droits humains, les femmes et les jeunes ont continué à payer le prix fort d’un environnement numérique qui relègue les droits au second plan », a commenté ‘Gbenga Sesan.
Malgré les défis rencontrés dans le secteur en 2025, souligne le rapport, cette année a été marquée par un impact durable pour PIN, grâce à ses sponsors, son conseil d’administration, son équipe, ses partenaires et ses sympathisants à travers le continent. Il réaffirme également l’engagement de l’organisation à promouvoir un avenir numérique fondé sur les droits, où l’innovation ne se fait pas au détriment de l’inclusion, de la sécurité ou de la liberté d’expression.
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