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Le Bénin à l'épreuve de la démocratie, les leçons de la répression numérique  

Par | Politique de TIC, Liberté d'Internet

Auteur: Emmanuel Vitus

Dimanche 28 avril 2019, les Béninois étaient convoqués aux urnes pour désigner leurs parlementaires. Le scrutin s’est déroulé dans un climat de tension, car le 05 mars 2019, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) avait invalidé les dossiers de candidature de tous les partis politiques de l’opposition sauf le Bloc Républicain et le l’Union Progressiste, deux regroupements politiques proches du président Patrice Talon.

Pour la première fois depuis 1990, le Bénin a organisé une élection sans l’opposition. Et pourtant le pays est considéré comme le champion de l’alternance politique et de la démocratie en Afrique de l’Ouest. Les manifestations des partis politiques de l’opposition pour un report des législatives du 28 avril n’ont pas fait fléchir les autorités béninoises. Il est reproché aux partis politiques de l’opposition de n’avoir pas répondu aux exigences du nouveau code électoral.

À ce climat de tension, s’est ajouté dans la journée du 28 avril 2019, la coupure de l’Internet. En effet à partir de 1h du matin, les internautes avaient du mal à se connecter aux réseaux sociaux Facebook et Twitter notamment. L’internet mobile sera complètement coupé par la suite et ne sera rétabli que le lendemain.

Pour l’heure, les autorités béninoises n’ont donné aucune explication à cette situation, mais dans la presse locale béninoise, on évoque, des mesures préventives « pour éviter des appels à la violence le jour du scrutin législatif. »

L’opérateur de téléphonie mobile, MTN Bénin, reconnaît de son côté la coupure de l’Internet dans la journée du 28 avril tout en déclinant sa responsabilité.

« Effectivement, nous avons opt connu des soucis concernant la connexion Internet dans la journée d’hier. (…) Toutefois, le souci était indépendant de notre volonté », peut-on lire sur le compte Twitter du fournisseur d’accès Internet.

Un test pour la démocratie béninoise

Avec plus d’une dizaine de fournisseurs d’accès Internet, le Bénin fait partie des bons élèves en matière de démocratisation de l’internet. En 2017, l’Alliance pour l’Internet abordable (A4AI) a classé le Bénin parmi les 10 pays du continent africain à avoir un accès facile à l’Internet.

Selon A4AI, cette hausse est due non pas à la mise en place d’une réforme majeure unique, mais au simple fait, par exemple, que le régulateur donne plus d’informations sur les règlements et décisions, sur la transparence des tarifs.

Et pourtant depuis 2018, les autorités béninoises prennent des décisions qui restreignent la liberté d’expression sur Internet. Le 25 juillet 2018, le gouvernement a pris un décret portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public.

Concrètement, il s’agit d’une taxe de 5 FCFA par mégaoctet pour l’accès aux services over-the-top (OTT). Les services OTT (ou services de contournement en français), sont l’ensemble des services qui permettent de transporter des flux audio, vidéo ou des données Internet sur les réseaux Facebook, WhatsApp, Viber, Skype et autres, sans l’intervention d’un opérateur de téléphonie traditionnel.

« Le coût change pour les réseaux sociaux et pour des usages ludiques. Vous téléchargez de la musique, un film, vous faites des transferts d’images qui critiquent le gouvernement (…) vous payez le prix qui est légèrement plus fort », avait soutenu Romuald Wadagni, ministre de l’Économie, des Finances et des Programmes de dénationalisation du Bénin.

Face à la colère des internautes, le gouvernement est revenu sur sa décision le 22 septembre 2019. Il explique ce rétropédalage par plusieurs raisons notamment, « les perturbations techniques (…) la rupture de l’économie globale du secteur, au détriment des consommateurs, en particulier les plus modestes et l’entrave à “la démocratisation de l’Internet”.

Naissance du Web-activisme

La coupure d’internet le 28 avril 2019, a cristallisé la colère des internautes, des organisations de la société civile et de la communauté internationale.

Ramanou Biaou, le président du chapitre béninois de Internet Society (ISOC Bénin) dans un entretien accordé à la chaîne étatique allemande Deutsche Welle, déplore les effets néfastes de cette coupure d’internet sur les activités économiques au Bénin.

“À travers les réseaux sociaux, il y a des entreprises qui mettent sur le marché des services, des produits, des solutions. Commencer à restreindre ces réseaux sociaux, cela a forcément un impact qui va au-delà de l’aspect économique. C’est d’une façon ou d’une autre une restriction de la liberté d’expression qui a été prise contre les Béninois ce 28 avril », dénonce-t-il.

Même son de cloche chez Amnesty International. Pour l’organisation internationale de défense des droits de l’homme la décision de couper l’accès à Internet et aux réseaux sociaux le jour du scrutin est une violation directe du droit à la liberté d’expression.

‘Dans la pratique, cela réduit au silence les défenseurs des droits humains, les journalistes et les blogueurs qui observent ces élections parlementaires contestées, sans candidats de l’opposition’, déplore François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

En 2018, la tentative de taxation de la connection aux réseaux sociaux avait contribué à la naissance d’influents web activistes. Sur Twitter, l’hastag #TaxePasMesMO avait été repris dans des milliers de tweets contraignant les autorités béninoises à revoir leur copie. Depuis dimanche, les activistes se font entendre à nouveau, cette fois avec des hastags comme #BeninShutDown, #BeninBlackout et #KeepIton en référence à la coalition de de lutte contre les coupures d’Internet à travers le monde.

Quid d’une répression numérique en Afrique Francophone ?

Si au Bénin c’est la première fois que les internautes subissent la coupure d’Internet, en Afrique francophone, la pratique devient courante. Le Tchad fait partie des pays africains qui pratiquent une censure drastique de l’Internet. Depuis un an, les Tchadiens n’ont plus normalement accès aux réseaux sociaux Facebook, Twitter et aux messageries WhatsApp et Viber.

« Cette censure est d’autant plus insupportable que les gens ne savent pas pourquoi ils n’ont plus la possibilité d’utiliser normalement les réseaux sociaux », s’indigne Julie Owono, directrice exécutive d’Internet sans frontières.

Au Cameroun, les autorités ont coupé Internet au Nord-ouest et au sud-ouest du pays en avril et octobre 2017. Ces deux régions qui réclament leur autonomie sont le théâtre de violents combats  entre les séparatistes et l’armée régulière camerounaise. Le 15 janvier, une ONG camerounaise Réseau de Défenseurs des Droits Humains de l’Afrique Centrale (Redhac) avait porté plainte contre l’État camerounais devant le Conseil constitutionnel pour le rétablissement d’Internet dans les deux régions précitées. Une plainte similaire a été portée contre les opérateurs de téléphonie mobile en RD Congo.

Début septembre, l’internet a été intentionnellement perturbé par les autorités togolaises à chaque manifestation de l’opposition politique. Les experts de Netblocks, une ONG basée à Londres estime que chaque journée sans Internet au Togo fait perdre 243 507 dollars au pays.

Parmi les mauvais élèves de la classe, figure également l’Algérie. Plusieurs cas de coupure d’internet ont été enregistrés dans le pays, mais à chaque fois, l’opérateur proche du gouvernement, Algérie Telecom, dément une coupure volontaire.

Sur le continent, d’autres pays comme le Sénégal et le Burkina Faso sont à féliciter en matière de démocratisation de l’Internet. En 2014 lors du soulèvement des Burkinabés pour exiger et obtenir le départ de l’ancien président Blaise Compaoré, aucune coupure d’Internet n’a été signalée malgré la situation politique tendue. Même tendance au Sénégal où lors de la dernière élection présidentielle tous les signaux laissaient prétendre une probable coupure.

L’espoir est permis

Les coupures sont désormais utilisées par les gouvernements comme des moyens de musellement des peuples souvent au prétexte de protéger l’ordre public et de contrôler les excès  sur les réseaux sociaux.

Au vu des tendances actuelles en Afrique Francophone, l’avenir du réseau internet reste incertain.

La situation au Cameroun, en Algérie, au Togo, en RDC et au Tchad permet d’établir un lien étroit entre les soulèvements populaires et le taux de connexion de ces pays. Ainsi, depuis le Printemps arabe, il est tentant de faire un lien direct entre la capacité d’un peuple à renverser un dictateur et le nombre de personnes connectées à Internet.

Photo Credit: RFI

Tous les régimes totalitaires ont compris donc l’importance de maîtriser le web. Bâillonner le web devient ainsi le rêve de toute dictature. Mais un rêve impossible.  Au Togo, au Benin comme partout ailleurs, les internautes déjouent la censure en passant par des proxys ou en utilisant des connexions bas débit. Des activistes proposent, eux, des passerelles fax et VPN. Des blogs expliquent également comment contourner le blocage.

Avec les élections locales, législatives et présidentielles à venir dans plusieurs pays en Afrique francophone, il est important pour les gouvernements d’ouvrir des débats multipartites sur la gestion et la gouvernance de l’Internet, car ces perturbations volontaires violent explicitement les droits humains protégés notamment par une résolution adoptée à l’unanimité le 1ᵉʳ juillet 2016 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Emmanuel Vitus est Chercheur et Google Policy Fellow chez Paradigm Initiative.

Paradigm Initiative condamne l'arrestation et la déportation de Wakabi par les autorités tanzaniennes

Par | Communiqué de presse, Non classé

Paradigm Initiative condamne l'arrestation, la détention et l'expulsion ultérieure du directeur exécutif de la Collaboration sur les politiques internationales en matière de TIC pour l’Afrique de l’Est et australe (CIPESA), Dr Wairagala Wakabi par les autorités tanzaniennes.

Le Dr Wakabi a été arrêté, détenu et détenu à son arrivée en Tanzanie hier, le 25 avril. Selon un déclaration publiée par la CIPESALe Dr Wakabi était en Tanzanie pour participer à la commémoration annuelle de la Journée des défenseurs des droits de l'homme en Tanzanie à l'invitation de la Coalition des défenseurs des droits de l'homme en Tanzanie (THRDC). Dr Wakabi est un défenseur des droits de l'homme et chercheur de renom. Nous estimons que son traitement inacceptable en Tanzanie est une indication supplémentaire de l'attitude de plus en plus hostile de la Tanzanie à l'égard de la communauté des droits de l'homme.

Ce n'est pas la première fois que la Tanzanie maltraite des défenseurs des droits de l'homme. En novembre 2018, le Comité pour la protection des journalistes La coordinatrice du programme pour l'Afrique, Angela Quintal, et le représentant de l'Afrique sub-saharienne, Muthoki Mumowere, ont été arrêtés, détenus et expulsés du pays avec la fausse affirmation selon laquelle le duo se trouvait en Tanzanie sans visa approprié. Avocats pour les droits de l'homme (LHR) s’était déjà inquiété de l’arrestation de 11 autres militants des droits de l’homme en Tanzanie. La police tanzanienne a accusé d'avoir participé à une réunion de consultation juridique organisée par l'Initiative pour un litige stratégique en Afrique (Isla) et les services de santé communautaires et de plaidoyer (Chesa) à Dar es Salaam. 

L'agression continue contre des militants et des militants est inacceptable et nous appelons l'Union africaine et d'autres organismes régionaux à convaincre le gouvernement tanzanien de respecter les droits fondamentaux de ses citoyens et de ses invités. Paradigm Initiative demande au gouvernement de s’attaquer immédiatement à son traitement honteux du Dr Wakabi. Le gouvernement a tout intérêt à reconnaître les défenseurs des droits de l'homme en tant que parties prenantes viables dans les espaces démocratiques et à ce que les espaces civiques soient un prolongement naturel de la communauté qui doit être entretenu et non détruit.

Un forum sur les droits numériques et l'inclusion accueillera des délégués de 38 pays à Lagos

Par | Droits numériques, Communiqué de presse

La septième édition du Forum sur les droits numériques et l'inclusion (DRIF) accueillera des délégués de 38 pays pour débattre des problèmes rencontrés dans l’espace numérique en Afrique. C'est ce qui ressort d'un communiqué de presse de Paradigm Initiative, l'organisateur de la conférence de la conférence de trois jours. Le Forum a débuté aujourd'hui à Lagos et se poursuivra jusqu'au jeudi 25 avril.

Selon le communiqué, DRIF19 accueillera des représentants de la société civile, des universités, des médias, de la communauté technique, des gouvernements, y compris des agences de sécurité, des organes judiciaires et législatifs, ainsi que du secteur privé de 32 pays d’Afrique et de 6 pays hors du continent. Le forum sera également retransmis en direct à un public mondial en ligne ici, alors que ceux qui sont intéressés par le suivi des conversations au Forum peuvent suivre son hashtag, # DRIF19.

Selon Tope Ogundipe, directeur des programmes de Paradigm Initiative, «anciennement connu sous le nom de Forum pour la liberté sur Internet, le DRIF est bien connu pour ses antécédents de résultats concrets pouvant donner lieu à une action, et il s'est acquis une réputation de plate-forme importante pour les discussions sur la politique numérique en Afrique. en forme, et les orientations politiques forgées. Les grandes catégories de participants attendues sont les acteurs étatiques, les organisations de la société civile, les universités, les défenseurs des droits de l'homme, les entrepreneurs en technologie, les défenseurs des droits des femmes, ainsi que les passionnés de politique et les acteurs de la gouvernance mondiale de l'internet.

Le DRIF propose des conversations engageantes qui s’appuient sur des questions pertinentes au niveau mondial, ainsi que sur des défis et opportunités spécifiques à l’Afrique. Les participants et les participants sont choisis sur la base d’un modèle multipartite, permettant aux parties prenantes qui ont jusqu’à présent fonctionné en silo de discuter entre elles des défis communs.

«Pour la première fois, le Forum cette année se concentrera considérablement sur les discussions sur l'inclusion numérique en tant que base des droits numériques, sur un continent où la pénétration de l'internet est la plus faible et où les opportunités offertes par les TIC restent inaccessibles pour beaucoup. L'édition de cette année comportera également davantage de sessions parallèles, permettra une communication et une participation bilingues comme elle le fait depuis 2017, et encouragera les collaborations post-événement pour renforcer le discours d'Internet en Afrique », a ajouté Ogundipe.

Albert Antwi Boasiako, conseiller national pour la cybersécurité au Ghana, Segun Mausi, directeur exécutif de la division Afrique de Human Rights Watch, Hawa Ba, chef du bureau de pays du Sénégal, Open Society pour l'Afrique de l'Ouest, et Lanre Osibona, conseillère spéciale sur les TIC au président du Nigéria. Les autres sont M. Ernest Ndukwe, ancien directeur général de la Commission nigériane des communications, Robert Muthuri de l'Université Strathmore et Onica Makwakwa, coordonnatrice régionale pour A4AI en Afrique.

Le Forum devrait recentrer son attention sur les problèmes de l’espace numérique sur un continent où les droits de l’homme en ligne sont régulièrement violés.

Paradigm Initiative Praises the Media for Improved Digital Rights Coverage

Par | Liberté d'Internet, Communiqué de presse

Media coverage of issues confronting digital rights and online freedom has significantly improved over the last year as more media platforms and practitioners dedicate more attention to developments in the digital space. This is according to Paradigm Initiative, the pan-African digital rights and inclusion social enterprise.

Paradigm Initiative made this known in a press statement announcing the commencement of application for the second edition of its Digital Rights and Inclusion Media Fellowship.

Paradigm Initiative’s Communications Officer Sodiq Alabi said, “The media has become a major partner in the efforts to ensure that human rights online are protected in Africa. As media practitioners are usually victims of digital rights violations including censorship, harassment and illegal surveillance, it makes perfect sense that they are now focusing their attention on increasing awareness around digital rights and holding governments and businesses accountable. ”

Paradigm Initiative further emphasised the need for improved synergy between digital rights advocates and the media to ensure human rights online are well protected by the law, and violations do not go unreported.

“The Media Fellowship is part of our effort to ensure this synergy is groomed and nurtured. The Fellowship is, therefore, a 4-month program designed to immerse outstanding, early career, journalists in digital rights and digital inclusion advocacy – and intervention efforts – in Africa. This way, we help improve the quality of reporting on digital rights and inclusion by improving the expertise of reporters who cover the beat,” Alabi said.

Meanwhile, the 7th Digital Rights and Inclusion Forum is scheduled to hold in Lagos. Convened by Paradigm Initiative, the Forum will host some 300 delegates from across Africa and the world. The delegates will, between April 23 and 25, assess the state of digital rights and inclusion in Africa with the aim of finding solutions to identified challenges.

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Pour plus d'informations sur cette déclaration, veuillez envoyer un courrier à media@paradigmhq.org

Paradigm Initiative Organises Free Programming Training for Undergraduate

Par | Codage, Techtiaire

Paradigm Initiative has unveiled a tuition-free program to empower undergraduates with Python programming skills. The first edition of the training took off last Saturday with 36 trainees from three higher institutions in Lagos, namely the University of Lagos, Yaba College of Technology and Lagos State University.

Paradigm Initiative, the pan-African social enterprise working on digital rights and digital inclusion, is organising the training in conjunction with the Python Nigeria group who are providing faculty members for the training.

According to Olayinka Taiwo, the Techtiary Program Officer, “We are pleased to welcome 36 students to the first edition of this important training program. 12 students will be trained on Python for Data Science while 24 undergraduates will be trained on Python for Web. The training is under our Techtiary program which is dedicated to helping undergraduates acquire technical expertise before they graduate.”

“By learning Python, beneficiaries can position themselves for various opportunities in the ever-expanding information communication technology space. Python has been lauded as one of the most lucrative programming languages to learn and its applications are wide-ranging. With the faculty support from the good people of Python Nigeria, we are excited to be introducing this language to more young Nigerians,” Olayinka added.

 

Paradigm Initiative Asks Rwanda to Respect Privacy Rights  

Par | Communiqué de presse

The government of Rwanda has recently proposed a country-wide DNA database, a project that will involve collecting samples from all 12 million citizens in an effort to address crime. This has prompted concerns from human rights campaigners who believe the database could be misused by the government and violate international human rights laws. While the country poses a data protection policy, it is still very vague and not comprehensive enough to tackle the challenges that come with having such a database.

The government of Rwanda should realize that “genome is the property of an individual and not the state’s” hence policies they put forth to govern this move should grant citizens consent on what data they choose to share under very strict circumstances. DNA sample contains very personal information hence the risk of data abuse is potentially high as well as vulnerability to hacking.

Paradigm Initiative’s Google Policy Fellow for Eastern Africa, Rebecca Ryakitimbo said, “It is debatable whether the benefits to society of having a national DNA database outweighs an individual’s right to privacy. There is a need to answer critical questions such as ”Who owns the genetic information and who controls what happens to it and how it is used? Who is responsible for the genetic information”.The potential for the information in the DNA database to be misused by the Government, security services, police forces or criminals is quite high if these questions are not attended to.”

Drawing experiences from countries like the UK which has a National DNA Database (NDNAD)  that holds the DNA profiles and samples from a select number of UK individuals. The implications of this database to innocent citizens who were on the database brought about privacy and other human rights concerns. It was in the light of this that in 2012, the UK Protection of Freedoms Bill came to effect to redress the balance between the State’s duty to protect the public and an individual’s right to privacy. This brought about the taking down of 1,766,000 DNA profiles taken from innocent adults and children, along with 1,672,000 fingerprint records. In addition to this,  7,753,000 DNA samples including 480,000 from children that contained sensitive personal biological data were destroyed.

Paradigm Initiative further said “Rwandan legislators, courts and law enforcement to ensure that the benefits of the database don’t come at the cost of privacy rights. It also essential to recognize that people do have an interest in controlling who can see their private information. The Government of Rwanda should foresee the risks that accompany the presence of such an extensive database containing very private and personal data of millions of its citizens in the age where digital security is of great concern. With the use of DNA data for policing, there will be risks on the burden of proof required for the forensic acceptability of DNA data.”

For more information on this release, please send a mail to media@paradigmhq.org. 

Les groupes Sue Gbenga Olorunpomi et Lauretta Onochie à propos du «discours de haine»

Par | Communiqué de presse, Non classé

Deux organisations de la société civile, Enough is Enough Nigeria et Paradigm Initiative ont engagé une procédure demandant à la cour de déclarer les propos tenus par certains assistants politiques au Nigéria sous la forme de discours de haine.

S'appuyant sur les preuves documentaires recueillies à partir des commentaires en ligne des deux collaborateurs concernés, Gbenga Olorunpomi, aide du gouverneur Yahaya Bello de l'État de Kogi et Lauretta Onochie, aide du président Muhammadu Buhari, les organisations interrogées par l'intermédiaire de leur avocat demandent au tribunal de déterminer si les déclarations viole des articles de la loi nigériane de 2015 sur la cybercriminalité (interdiction, prévention, etc.)

Toutefois, en raison du caractère insaisissable des défendeurs et de leurs adresses, la Cour a préféré que les procédures judiciaires soient publiées dans les quotidiens nationaux. Ceci a ensuite été fait le mercredi 13 mars 2019 dans deux grands quotidiens nationaux à diffusion nationale

Selon Adeboye Adegoke, responsable de programme chez Paradigm Initiative, «les deux organisations ont classé l'affaire comme une mesure visant à freiner la propagation des discours de haine au Nigeria, une tendance principalement associée à la classe politique. Bien que leurs directeurs ne soient peut-être pas moins coupables d'accusations similaires, les gouverneurs et les présidents sont toutefois protégés des poursuites par la constitution de la République fédérale du Nigéria, telle que modifiée. Il est toutefois significatif que les acteurs politiques ayant des liens avec le pouvoir soient mis au défi pour leurs commentaires à plusieurs reprises. La tendance habituelle au Nigéria était que la classe politique utilise sa position pour persécuter des citoyens, des journalistes, des militants et des opposants qu'ils jugent trop critiques à l'égard du pouvoir sous prétexte de combattre le discours de haine ou les fausses informations. "

«Si les discours de haine doivent être maîtrisés au Nigéria, les poursuites doivent commencer par la classe politique qui s’est toujours débrouillée avec des déclarations incitatives, dont certaines ont conduit à des crises et à la mort de nombreuses personnes dans le passé», a déclaré Adeboye.

L'affaire devrait être entendue par la Haute Cour fédérale d'Abuja aujourd'hui jeudi 14 mars 2019.

Monsieur le Président, il est temps de signer le projet de loi sur les droits numériques

Par | Non classé

Par Sodiq Alabi

 When the Digital Rights and Freedom Bill (HB490) was transmitted to President Muhammadu Buhari on February 4, many Nigerians heaved a sigh of relief. The digital rights advocacy community across the globe was ecstatic, and understandably so. The Bill is the first law dedicated to protecting digital rights and online freedom anywhere in Africa. If signed, the Bill will catapult Nigeria to the comity of nations leading the charge for the protection of digital rights and online freedom. Key amongst its provisions are the provisions on data privacy, free speech, press freedom, lawful interception and surveillance. 

The Bill has had a long journey to getting to the President’s table. First proposed and extensively discussed within the civil society and rights advocacy community during the 2014 Internet Freedom Forum hosted by Paradigm Initiative, it was not until 2016 before the Bill was tabled before the House of Representatives thanks to an exemplary civil society-legislature collaboration. Sponsored by Hon. Chukwuemeka Ujam, the Bill spent almost two years in the House before it was passed in December 2017.

When the Senate concurred with its sister-chamber in March 2018, supporters of the Bill assumed the Bill’s legislative journey had ended. Unfortunately, the Bill remained with the National Assembly for another eight months without its transmission to the president. Apparently, the National Assembly’s legal unit had flagged a problem in one of its clauses, therefore leading to another round of the legislative process. The affected clause was corrected and the revised Bill was passed by both chambers of the National Assembly in November and December 2018. Two months later, on February 4, 2018, the Bill was sent to the president for his assent as required by the constitution.

The constitution also requires the president to assent or decline assent to a bill within thirty days of receiving the bill from the legislature. We are now roughly two weeks from the end of this countdown. While the nation is engulfed in organising federal and state elections, it is crucial that important government business like the signing of a crucial piece of legislation does not suffer as a result. We urge President Muhammadu Buhari and his staffers to find the time, in between preparations for the elections, to study the Bill and have it signed before the deadline. This would be a commendable demonstration of the robustness of our presidential system and its ability to keep the country running even in the face of a crucial election for its leader.

As Paradigm Initiative, the group that leads the advocacy for the passage of the Bill said in a statement, President Buhari has a history of signing forward-looking Bills including the #NotTooYoungToRun and the Disability Bill. The Digital Rights Bill falls into this category of Bills as it provides clear legal backing for online freedom and digital rights in an era when the digital space has become central to life. Paradigm Initiative’s Adeboye Adegoke is therefore right when he said, “If signed, the Digital Rights and Freedom Bill will add to what appears to be a forward-looking disposition of the administration to policymaking. What President Muhammadu Buhari does with the Bill will go a long way to define the administration’s disposition towards technology and its viability in improving the economic base of Nigeria.”

The last few years have seen tens of millions of people connected to the internet in the country. These people conduct business, have a social life, learn and teach via this important tool. They even campaign for political candidates and are campaigning to via the internet. However, despite the deployment of the internet across the country, Nigeria, unfortunately, lacks a comprehensive legal framework that protects human rights online, a situation that makes Nigerians online vulnerable to rights abuse. It is therefore easy to agree with Web Foundation when they declared that, “Nigerians cannot wait any longer for digital rights, freedoms and opportunities. The President’s Assent is urgently needed to secure fundamental rights, to support a stronger digital economy, and to build a more secure internet.”

Digital rights are human rights and by signing the Digital Rights Bill into law, President Muhammadu Buhari would give much-needed protection to these crucial rights. It is time to make history, Mr President.

Sodiq Alabi leads communications at Paradigm Initiative.

Tirer parti des gains du processus multipartite pour élaborer une politique de cybersécurité

Par | Non classé

Par Boye Adegoke

La cybersécurité est un sujet vaste et important dans le monde entier. Au Nigéria, le travail a été interrompu, le Nigéria étant aux prises avec le fléau des cybercriminels plus connus sous le nom de Yahoo Yahoo au tournant du millénaire. Alors que les innovations qui donnaient au monde des noms tels que Facebook, Google, Apple, Huawei et d'autres formes de technologies innovantes étaient célébrées dans le monde entier, le Nigéria se débattait pour gérer son image alors côté négatif de la technologie et deviennent de plus en plus reconnus dans le monde en tant que cybercriminels. Les dommages causés ne sont pas encore totalement récupérés. Selon un rapport de 2018 sur la cybersécurité au Nigeria publié par Deloitte, «les attaques d'ingénierie sociale menées via des courriels, des SMS et des appels restent la menace numéro un au Nigeria à ce jour. De plus, il ne suffit pas d'en savoir plus sur les tendances ou les attaques, il faut mettre en place les bonnes mesures pour être mieux préparé à se défendre ».

Depuis lors, le Nigéria a pris de nombreuses mesures pour lutter contre ce fléau en s’alignant sur d’autres efforts au niveau mondial, tels que la création d’équipes d’intervention d’urgence informatique, baptisées NG Certs. En février 2015, le gouvernement a adopté le Politique et stratégie nationale en matière de cybersécurité préparé par le Comité interministériel coordonné par le Bureau du Conseiller pour la sécurité nationale. Quelques mois plus tard, le Nigéria a adopté le Loi de 2015 sur la cybercriminalité (Prohibition, prévention, etc.) entré en vigueur le 15 mai 2015. Cette loi a également pour objectif de promouvoir la cybersécurité et la prévention de la cybercriminalité et prévoit des obligations envers le secteur privé. De nombreuses parties prenantes, notamment de la société civile, ont critiqué cette loi et sollicitent une intervention judiciaire pour en déloger certaines parties jugées non respectueuses. En outre, le bras législatif du gouvernement nigérian est en train d'abroger et de faire adopter de nouveau cette loi. Le processus en cours est également critiqué pour son manque de transparence, car de nombreuses parties prenantes se sentent exclues. La nécessité d'une collaboration efficace entre les parties prenantes est largement reconnue, comme l'exige le processus de formulation de la politique de cybersécurité, de nombreux instruments internationaux renforçant le message.

Ce qui est clair dans l’approche du Nigéria, c’est qu’il a été largement motivé par des préoccupations liées à la sécurité ainsi que par des incidences sur la sécurité nationale et les entreprises. Dans le même temps, la cybersécurité concerne autant les utilisateurs individuels que les nations et les entreprises. C’est pourquoi la participation accrue des parties prenantes au processus d’élaboration des politiques de cybersécurité est très importante. Les préoccupations de la société civile ont généralement porté sur la façon dont les préoccupations en matière de droits de l'homme sont souvent abandonnées ou jugées sans importance dans l'élaboration d'une politique de cybersécurité. Les menaces à la sécurité Internet sont complexes et touchent de nombreux intervenants. Elles nécessitent donc des efforts coordonnés pour être traitées de manière adéquate. Les droits garantis par la Constitution doivent être respectés dans le cyberespace, c'est-à-dire que les droits qui s'appliquent hors connexion doivent également s'appliquer en ligne. D'un point de vue individuel, la cybersécurité ne se limite pas à la protection contre les cyberattaques, mais comprend le droit à la vie privée, le droit à la liberté d'expression et la protection des données à caractère personnel; communication, etc. cela fait à peine partie du programme de cybersécurité du pays. Ce non-respect des droits de l'homme peut ne pas être sans lien avec les lacunes qui existent actuellement dans la composition ou dans la cartographie des parties prenantes.

Il convient de souligner le rôle important que toutes les parties prenantes doivent jouer pour que la gouvernance du cyberespace reste ouverte, inclusive et suffisamment souple pour s'adapter à l'évolution des risques et des défis. Les utilisateurs sont de plus en plus méfiants vis-à-vis d’Internet, ce qui pose un défi pour son avenir. «La confiance des utilisateurs est au cœur du paysage commercial axé sur Internet. Des mesures immédiates pour renforcer la confiance des utilisateurs doivent être prises. Les gouvernements doivent veiller à ce que la confiance des utilisateurs ne soit pas brisée en ligne en assurant une approche transparente et impliquant de multiples parties prenantes pour l'élaboration de politiques et de stratégies de cybersécurité. Une approche véritablement multipartite de l’élaboration de la stratégie nationale de cybersécurité est sur le point de combler cette lacune en s’appuyant sur des exemples concrets de bonnes pratiques dans d’autres climats. Les gouvernements, y compris les secteurs de l'armée et du renseignement, pourraient tirer parti d'une sensibilisation accrue à la nature multipartite d'Internet et à l'importance vitale de la coopération avec d'autres acteurs pour faire face aux menaces à la sécurité.

En conclusion, nous ne devons plus nous contenter de parler, mais plutôt d’une approche multipartite du processus d’élaboration de la politique de cybersécurité. Il doit y avoir un réel effort pour rendre le processus inclusif afin de capturer les différents groupes de parties prenantes qui sont touchés et peuvent apporter des informations précieuses au processus. Plus les entrées et le processus sont robustes, meilleurs sont les résultats. Il convient toutefois de noter que l’approche multipartite n’est pas une solution de secours qui résout tous les problèmes d’un glissement; Il s'agit toutefois d'une approche fondamentale capable de donner à toutes les parties prenantes un sentiment d'appartenance et de saisir les nuances et le contexte local dans le processus. Cette approche est largement acceptée comme le moyen optimal de prendre des décisions stratégiques pour un réseau mondial. Le Forum des Nations Unies sur la gouvernance de l’Internet adopte un modèle d’approche multipartite, qui a également été adopté par un nombre croissant d’organisations internationales. Le modèle contribuera à créer une véritable plate-forme pour une conversation multipartite, un partage de connaissances et un apprentissage au Nigeria autour du développement et de la mise en œuvre d'une politique de cybersécurité.

 

Adeboye Adegoke (@adeboyeBGO) est responsable du programme Droits numériques de Paradigm Initiative pour l'Afrique de l'Ouest anglophone.

L'initiative Paradigm publie son rapport annuel 2018 et démontre son impact

Par | Droits numériques, Échos de la vie, Communiqué de presse

L’entreprise sociale Paradigm Initiative a publié son Rapport annuel 2018. Le rapport fournit des informations sur le travail de l'organisation, en particulier sur la manière dont elle s'acquitte de sa mission consistant à améliorer les «moyens de subsistance des jeunes sous-desservis».

Joy Ukpong, une ancienne élève du programme d'inclusion numérique gratuit du groupe, figure dans le rapport annuel. Au moment de rejoindre le programme, Joy Ukpong, 27 ans, gagnait 10 000 N par mois en tant que coiffeuse en difficulté à Ajegunle, dans l'État de Lagos. Elle était désespérée pour une pause et le programme d'inclusion numérique de Paradigm Initiative lui a donné la pause qu'elle a judicieusement saisie, en apprenant des compétences utiles dans les domaines du numérique et de la vie.

Quelques semaines après la fin de la formation de 10 semaines, Ukpong a obtenu un poste d'assistant administratif dans un cabinet d'avocats. Son revenu a immédiatement grimpé à 25 000 naira. Grâce à ses nouvelles compétences, Ukpong dispose d’un revenu et d’une structure de travail plus stables qui lui permettent de se développer.

Son histoire, selon Sodiq Alabi, chargée de la communication de Paradigm Initiative, «est une autre preuve que notre investissement dans les programmes d'inclusion numérique dans les communautés mal desservies améliore effectivement les moyens de subsistance des bénéficiaires."

Gbenga Sesan, directeur exécutif, a également déclaré: «Grâce à l'investissement de l'année en faveur de la jeunesse mal desservie, nous avons pu former 869 étudiants dans le cadre du programme LIFE de 10 semaines, du LIFE @ School Club et des ateliers trimestriels. 150 étudiants ont obtenu un stage, ont trouvé un emploi, ont gagné suffisamment pour retourner aux études, ont rejoint des programmes d'apprentissage et / ou ont créé des micro-entreprises. Au cours de l’année, le revenu moyen de nos étudiants est passé de 4 805,15 à 23 083,25 N! »

Sesan a souligné: «En 2018, notre travail sur les droits numériques couvrait le Bénin, le Burundi, le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Gambie, le Kenya, le Mali, le Nigeria, la Tanzanie, le Togo, l'Ouganda et la Zambie. Nous avons organisé 13 programmes de formation, examiné 36 documents de politique, produit 12 rapports fondés sur des recherches, traité 20 violations des droits numériques et dirigé 4 processus de contentieux. ”

Le Directeur des programmes, Tope Ogundipe, a déclaré que l'adoption du projet de loi sur les droits et la liberté numériques au Nigéria marquait une étape importante pour le groupe en 2018. Le projet de loi, qui a été transmis au président Muhammadu Buhari le 5 février 2019, est un projet majeur de le groupe depuis 2014, date à laquelle il a commencé à plaider en faveur de l'adoption d'une loi consacrée à la protection des droits et libertés en ligne.

Fondée au Nigéria en 2007, Paradigm Initiative est présente dans cinq pays africains, où elle exécute des programmes sur tout le continent. Le groupe a déclaré que son nouveau plan de gestion stratégique (2019-2023) le ferait même davantage au cours des prochaines années.

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